Le cajou est originaire du Brésil, mais il est très répandu en Asie et surtout en Inde. Il a été introduit en Inde par les Portugais, d'abord à Goa, et de là il est passé très vite au Kerala puisque en 1578, Christophoras Acosta, auteur d'un Traité des Drogues décrit le cajou "... trouvé dans les jardins de la ville de Santa Cruz dans le Royaume de Cochin".
Les gens du Kerala l'appellent la noix la "mangue étrangère". La noix de cajou est loin d'être un simple amuse-gueule pour l'apéritif, pour des centaines et des centaines de millions d'individus c'est un vrai condiment, très employé en Orient, particulièrement en Inde où sa culture est très importante et fait travailler plus de 200 000 fermiers et 300 000 ouvriers dont beaucoup de femmes pour le décorticage. La production y est de plus de 300 000 tonnes par an.
Il faut d'abord se débarrasser de l'enveloppe extérieure, le péricarpe gris qui est rempli d'un suc rouge très âcre qui emporte littéralement la bouche. Ce jus fait des taches noires indélébiles sur les tissus. De plus il est très corrosif. Les Indiens se servent de ce jus dans la fabrication industrielle d'encre indélébile, de vernis, de résines et de peintures. C'est un produit d'exportation. Ce jus contient de l'acide anacardique et une substance huileuse, le cardol, qui noircit à l'air par oxydation des phénols qu'il contient. Il rend le décorticage très délicat, car il faut impérativement neutraliser la causticité avant même d'ouvrir le fruit sans pour autant perdre le jus. Avant que soient mises au point les premières machines à décortiquer, vers 1963, les Indiens s'étaient spécialisés dans le décorticage des noix de cajou, et la production d'un grand nombre de pays leur était expédiée à cet effet de l'autre bout du monde. Jusqu'à la fin des années 70, ils étaient dans une situation de quasi-monopole. Les Indiens extraient de l'écorce de l'arbre de la gomme utilisée en reliure.
Outre qu'il constitue une source de revenus importante à l'exportation, les Indiens considèrent l'anacardier comme une bénédiction pour l'environnement, car il permet la reforestation et la protection du littoral. Avec le casuerina, c'est l'arbre le plus planté sur les côtes pour fixer le littoral. De plus, il présente l'avantage de très bien résister à la sécheresse et au vent. |