Le chocolat, c'est bon pour le moral
L'action thérapeutique du chocolat, en produit pharmaceutique était très développée autrefois. Au siècle dernier, on vendait des mélanges chocolatés aux propriétés médicinales : le chocolat anthelminthique de Vandamme avec huile de croton, calomel, sucre et pâte de cacao; le chocolat aux grains de glands contre l'atonie générale. Le chocolat purgatif et même le chocolat antivénérien. Les effets toniques et antidépresseurs du chocolat observés déjà depuis le XVIIème siècle ont pu être expliqués grâce à la science moderne. Le chocolat contient en effet des substances chimiques toniques dont les principales sont la théobromine,la caféine, la phényléthylamine et sérotonine qui stimulent le système nerveux central, améliore les performances musculaires et les réflexes, lutte contre le stress et les états dépressifs. Elles ont un rôle dynamisant et euphorisant. L'action du chocolat est double. Objet de gourmandise, de satisfaction, le chocolat est lié à une idée de récompense. C'est un cadeau que l'on s'offre à soi-même pour son plaisir.
Cet acte égoiste qui fait du bien provoque une sécrétion d'endorphines à l'effet euphorisant et calmant proches de l'opium. Le chocolat comble les manques d'affection, les déceptions, les états nerveux : c'est un curatif symptomatique de tous nos troubles.
Substances et effets du chocolat sur le moral il contient ... de la saccharose de la théobromine 600 mg, alcaloïde stimulateur du système nerveux central et stimulateur cardiaque. de la phénylethylanine 20 mg, substance psycho-stimulante qui a un rôle de neurotransmetteur et d'anti-dépresseur de la caféine 70 mg, alcaloïde qui a des effets tonifiants, de la serotonine 3 mg, neurotransmetteur antistress de la tyramine 2 mg, dérivé d'acide aminé. Le chocolat est très riche en sels minéraux, surtout en phosphore et magnésium: 100 grammes de chocolat apportent 506 calories, contre 165 pour la viande et 79 pour le lait. Si son action psychologique n'est plus à démontrer, c'est aussi un aliment anti coup de pompe. Vous avec donc toutes les bonnes raisons de manger du chocolat chaque jour. Les vertus aphrodisiaques:
Dans son traité des aliments en 1702, Louis Lemery précise à propos du chocolat : Ses propriétés stimulantes sont propres à exciter les ardeurs de Vénus.On ne saurait être plus clair.
Et parmi les mets réputés propices aux joutes amoureuses, qui connurent surtout au XVIIIe siècle une grande vogue, le chocolat figure en bonne place. Il est de tradition de tenir divers mets pour excitants : gibier, ris de veau, moelle, cervelles, huîtres, homard, écrevisses, caviar, truffes et épices chaudes cannelle, poivre, piment, muscade, gingembre, clou de girofle, sans oublier l'ambre et le musc, aujourd'hui disparus de la table. Il s'agit pour la plupart de mets de luxe que l'on prend plaisir à déguster en galante compagnie, plutôt que possédant des vertus secrètes. Néanmoins, la légende sur les vertus aphrodisiaques du chocolat, voyagea bien dans l'histoire. Dès la période aztèque, le cacao a la réputation d’être un excitant sexuel. Il faut dire que la boisson préparée était très épicée avec du piment, du poivre, des clous de girofle. On raconte au XVIIe siècle que les indigènes indiens s'enduisent les zones érogènes d'une bouillie de cacao pour que leurs baisers soient encore plus doux. En 1624, un théologien fait paraître un écrit condamnant la consommation du chocolat dans les couvents, ce breuvage échauffant les esprits et les passions.
La grande période des courtisanes, du XVIIème au XVIIIème siècle, est propice à une forte consommation de chocolat. Dans son Traité des aliments en 1702, Louis Lemery précise au sujet du chocolat: Ses propriétés stimulantes sont propres à exciter les ardeurs de Vénus. Madame du Barry ne manquait pas, dit on, de servir une bonne tasse de chocolat mousseux à ses amants. Des gravures du XVIIe siècle ou estampes allemandes du XVIIIe, montrent souvent des scènes où on peut voir des couples dégustant du chocolat chaud. Les dames de Marseille se souvinrent longtemps du bal sulfureux qu'organisa le marquis de Sade, qui eu la brillante idée de distribuer à foison des pastilles de chocolat fourrées à la cantharidine, un puissant alcaloïde congestionnant.
Madame de Pompadour, si on en croit les écrits de Mme de Hausset absorbait régulièrement des décilitres de chocolat ambré pour s'échauffer le sang, d'autant que Louis XV lui reprochait régulièrement d'être froide. Aujourd'hui le terme d'aphrodisiaque n'est plus de mise, on parle plus volontiers, d'aliment tonique, de plaisir, de douceur, de volupté.. qui sont également des qualificatifs propres à l'amour.Alors le chocolat, complice de l'amour ? certainement... |