Le Côte du Forez
Créé par les ordres monastiques, développé par les Comtes du Forez, le vignoble des Côtes du Forez atteint sa superficie maximale en 1885, époque de la crise phylloxérique.
Classé A.O.C. en 2000, son aire de production s’étend aujourd’hui sur 22 communes, essentiellement situées entre Montbrison et Boën-sur-Lignon.
Le Côte du Forez est produit à partir du cépage gamay. Les vins rouges sont à boire jeunes, ce sont des vins à la robe vive, aux arômes de fruits rouges, présentant une grande souplesse. Les vins rosés présentent une belle couleur et ont la fraîcheur caractéristique du cépage.
La surface du vignoble actuel est de 170 hectares.
Côtes-du-forez Des nectars en éruption
par Georges Dupuy
Notre sélection Gilles Bonnefoy 42600 Champdieu 04-77-97-97-33. Sur rendez-vous, les vendredis après-midi et samedis matin. Rouge la Madone 2004: 4,70 €.
Cave Logel-Verdier 42130 Marcilly-le-Chatel 04-77-97-41-95. Du lundi au samedi, de 9 à 12 heures et de 14 à 19 heures; le dimanche, sur rendez-vous. Rouge cuvée Volcanique 2004: 4,60 €.
Clos de Chozieux 42130 Leigneux 04-77-24-38-54. Sur rendez-vous. Rouge les Vieilles Vignes 2004: 5 €.
Domaine du Poyet 42130 Marcilly-le-Chatel 04-77-97-48-54. Sur rendez-vous. Rouge les Vieux Ceps 2004: 4,50 €.
Domaine de la Pierre noire 42600 Saint-Georges- Haute-Ville 04-77-76-08-54. Sur rendez-vous. Rouge cuvée spéciale 2004: 4,20 €.
Stéphane Real 42560 Boisset-Saint-Priest 04-77-76-63-04. Sur rendez-vous. Rouge Vieilles Vignes 2004: 4,25 €.
Stéphanie Guillot 42130 Sainte-Agathe-la-Bouteresse 04-77-97-34-40. Les lundis, vendredis et samedis. Rouge Opéra 2004: 7 €.
Domaine de Couzan 42890 Sail-sous-Couzan 04-77-97-63-57. Les samedis et dimanches. Rouge cuvée Alexis 2004: 4,75 €.
Daniel Mondon 42560 Boisset-Saint-Priest 04-77-76-33-30. Sur rendez vous. Rouge cuvée Caractère 2004: 4,50 €.
Cave coopérative des vignerons foréziens 42130 Trelins 04-77-24-00-12. Du lundi au samedi, de 9 à 12 heures et de 14 à 19 heures; le dimanche, de 14 à 19 heures. Rouge les Loges 2003: 4,74 €. ------------------------------------------------------------------ © V. Dayan pour L'Express
Cave coopérative des vignerons foréziens Où manger? Hostellerie la Poularde 2, rue de Saint-Etienne, 42210 Montrond-les-Bains 04-77-54-40-06. En pleine station thermale, cet ancien relais de poste aménagé avec goût par Monique et Gilles Etéocle propose chambres et appartements donnant sur le patio fleuri ou la piscine. A proximité, un parcours de golf et la possibilité de belles balades dans les monts du Forez. Chambre double de 85 à 120 €. Egalement bon restaurant avec copieux menu dégustation à 110 €.
Où dormir? L'Estaminet 56, rue de la République, 42600 Montbrison 04-77-58-67-69. Féru d'escalade, le patron propose une cuisine de terroir propre à accompagner une jolie carte de vins locaux, dont un viognier rond et parfumé. Menus à 16 et 25 €.
Que faire?
Foire à la fourme de Montbrison (le premier week-end d'octobre). En partenariat avec la Cave coopérative des vignerons foréziens. Au programme: intronisation et dégustation de la fourme, pâte persillée AOC à déguster froide ou chaude et qui se marie harmonieusement avec les côtes-du-forez.
Dans les rangs, entre les ceps, Gilles Bonnefoy a planté du trèfle rouge en alternance avec de l'orge. Histoire de freiner le lessivage des sols par temps d'orage. Les pentes des monts du Forez prononcez «Foré» qui passent de 800 à 1 600 mètres d'altitude en une dizaine de kilomètres, sont rudes.
J'avais pensé acheter un chenillard, mais j'arrive à travailler avec un tracteur classique, commente Bonnefoy. Ce titulaire d'un BTS de commerce des vins aurait pu aussi bien se la jouer tranquille si tant est qu'être commercial chez Mondavi, l'un des mammouths américains, peut être synonyme de tranquillité.
Mais voilà, il y avait le gamay noir à jus blanc et à petits grains. Il y avait aussi l'envie de renouer avec les générations de vignerons précédentes en faisant quand même autre chose. Je me suis lancé dans le bio dès le départ, dit Bonnefoy, qui a produit sa première bouteille en 1998.
Au-dessus des vignes, au sommet d'un piton volcanique, la Madone surveille le vignoble. Dans les années 1870, les vignerons foréziens avaient hissé la statue mariale sur cette pointe de basalte, espérant qu'elle ralentirait la progression du phylloxéra. Peine perdue.
Le phyllo avait passé la faux dans les 5 000 hectares de vignes. Aujourd'hui, l'appellation obtenue en 2000 s'étend sur 200 hectares répartis sur 17 communes.
Ici, dans ce département de la Loire où des touristes perdus demandent où est Chenonceau, les parcelles sont isolées entre prairies à vaches laitières et champs de blé.
Le vigneron qui vit de son vin est plutôt rare et la Cave coopérative des vignerons foréziens, qui représente 80% de la production, se bat pour que ses 150 adhérents soignent leurs livraisons.
Petite révolution, la cave s'est payé les services d'une experte en viticulture. Un bon vin se fait d'abord dans les vignes, confie André Patard, président de la cave coopérative et membre du club informel de la trentaine de vignerons qui la tirent vers le haut.
Cette année, le papillon tueur de grappes s'est fait rare. Cela économisera une pulvérisation. Voilà peu, on aurait traité préventivement, remarque Patard.
Les coopérateurs se sont mis lentement à l'agriculture raisonnée et à la maîtrise des rendements. Mais ceux qui ont frayé la voie, ce sont les indépendants comme Gilles Bonnefoy.
A peine une dizaine de défricheurs parfois contestés qui cherchent l'âme du gamay et ses poivrades flamboyantes ailleurs que dans la macération carbonique et les levures bonbons acidulés style beaujolais nouveau qui continuent d'attirer ici un célèbre négociant de Romanèche-Thorins.
Jacky Logel est un précurseur. Ce natif de Sélestat qui a planté du pinot gris pour faire un vin au style alsacien travaille les levures naturelles du gamay local:
Pour ne pas être noyés dans les flots de gamay des autres vignobles, nous devons affiner notre identité. Ainsi Jacky Logel a-t-il été le premier à reconnaître et à mettre en valeur les jus des vignes plantées sur le basalte vomi par les volcans.
Le basalte, c'est l'avenir de l'appellation, jure Gilles Bonnefoy. Les amoureux de cette roche pratiquent une vinification plus longue, assortie pour ceux qui le peuvent d'un rapide passage en fût.
A la sortie, le vin est sombre à l'œil et minéral en bouche, avec des senteurs sauvages et des notes de grillé.
Un pur gamay qui peut se garder trois ans, affirme Logel. Et si c'était cela, le vrai miracle de la Madone?
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