Les derniers millésimes 1989 1994 1999 1990 1995 2000 1991 1996 2001 1992 1997 2002 1993 1998 2003
A Chablis, les conditions climatiques ont été exceptionnellement favorables.
Elles ont permis une avance à tous les stades végétatifs, mais celle-ci a été tempérée par une nuit de gel mémorable qui a considérablement endommagé les prévisions de récolte, sur certains coteaux.
Fort heureusement, un soleil constant a limité le effets du froid, et au 31 août, la vigne avait bénéficié d'un ensoleillement équivalent à celui habituellement acquis au 30 septembre.
Les vendanges se sont terminées dans le chablisien à une date où elles commencent habituellement.
Les Chablis 89 se révèlent d'ores et déjà riches, gras et fruités tout à fait dans la typicité de nos grandes années. Ils sont pleins, structurés, moelleux, et d'une grande générosité.
Voici une récolte qui s'appréciera jeune, et saura développer, dans le temps, des arômes de grillé et de fruit sec, particulièrement recherchés dans les Grands Vins de Chablis.
Note:17/20
Dans notre vignoble, l'été particulièrement chaud et ensoleillé a laissé espérer un grand millésime.
Les quelques pluies des 30 et 31 août sont venues à point nommé pour accélérer la maturité, tandis que les températures nocturnes de septembre ont préservé l'acidité souhaitée.
Les vendanges ont été précoces et se sont déroulées dans d'excellentes conditions.
La récolte a présenté un très bon équilibre entre la richesse en sucre et l'acidité.
Les vins de Chablis, millésime 1990, sont marqués par les arômes de fruits et leur opulence.
L'attaque est franche, nette, sans agressivité. Leur vivacité apporte une certaine fraîcheur.
Le développement est harmonieux, particulièrement persistant. Ce sont les excellents Chardonnay que peut produire le terroir de Chablis : des chardonnay d'une grande année et vraisemblablement d'une bonne garde.
Note:19/20
Le millésime 1991 est à classer dans les bonnes années du Chablis.
Les dommages dus aux gelées printanières ont été minimisés par les techniques de protection mises en place dans le vignoble Chablisien.
La floraison, quelque peu tardive, s'est déroulée dans de bonnes conditions.
Les deux mois de chaleur et de sécheresse qui ont suivi ont permis d'obtenir rapidement une bonne maturité.
Le ban des vendanges a été fixé au 5 octobre et la récolte s'est ensuite déroulée dans de bonnes conditions pour se terminer vers le 15 octobre.
Les teneurs en sucres sont légèrement inférieures à l'année dernière mais bien au dessus du niveau moyen, particulièrement sur les crus, les acidités comparables à 1990 annoncent un vin bien équilibré avec toutes les caractéristiques et les typicités du Chablis.
Note:15/20
Le chablisien a bénéficié de conditions climatiques tout à fait excellentes contrairement à d'autres régions viticoles. Grâce à l'hiver et au printemps particulièrement doux et secs, le débourrement est intervenu dés le 20 avril. Les quelques pluies du début juillet ont apporté l'eau nécessaire au bon développement de la vigne. la véraison a été tout aussi précoce que la floraison de par les fortes chaleurs du mois d'août. Les vendanges ont ainsi pu commencer le 21 septembre dans les meilleures conditions (comme en 1990) La région de Chablis a alors bénéficié de nuits fraîches qui ont entravé le développement du Botrytis. Les vins produits présentent des teneurs en sucre comparables à celles des meilleurs millésimes des années précédentes et des acidités satisfaisantes. Il en résultera des vins équilibrés au vieillessement harmonieux. Les Chablis du millésime 1992 seront vraisemblablement très proches de ceux de 1990, c'est à dire des vins riches, élégants et d'une belle structure.
Note:18/20
Le cycle végétatif s'est déroulé dans de bonnes conditions. Un printemps clément a favorisé un débourrement précoce qui n'a pas été contrarié par les gelées.
De bonnes conditions climatiques ont permis une floraison rapide et homogène, signa avant-coureur d'un bon millésime. Un mois de juillet humide, suivi d'un mois d'août particulièrement ensoleillé ont entraîné un développement harmonieux des grappes.
Début septembre, les teneurs en sucre étaient pratiquement égales à celles constatées en 1992 à la même époque avec des acidités supérieures et un état sanitaire parfait.
La récolte a ainsi débuté le 21 septembre, se situant dans les années les plus précoces.
Cependant, des pluies sont venues contrarier nos espoirs de grand millésime.
Plus modestement, nous parlerons de bonne année. A la dégustation, les vins sont vifs, frais, et très aromatiques. Les Chablis 1993 seront bien équilibrés et d'une grande typicité. Note:16/20
L'année s'annonçait précoce avec un débourrement qui a eu lieu dés le début d'avril.
Durant la nuit du 14 au 15 avril, une sérieuse gelée a provoqué des dégats très importants sur une grande partie du vignoble.
La fleur s'est déroulée dans de bonnes conditions climatiques aux alentours du 20 juin.
Les mois de juillet et d'août ensoleillés et très chauds ont été extrêmement favorables au développement de la vigne.
Les pluies du début septembre ont laissé la place à un temps chaud et ensoleillé, dés le 24 septembre, date du ban des vendanges, ce qui a permis une récolte dans des conditions exceptionnelles.
Les vins de 1994 seront riches, bien équilibrés, à classer parmi les grandes années du chablisien.
Note:18/20
Les vendanges à Chablis ont débuté le jeudi 28 septembre. Une date normale après les années très précoces comme 1994. Mais les vendanges plus tardives ne signifient pas manque de qualité ou de typicité.
Les années à maturité lenteoffrent souvent des vins plus typés.
L'abondance de soleil des années plus précoces précipite la maturité et donne des vins généreux, riches en alcool, mais souvent moins équilibrés.
Le froid et la pluie, lors de la floraison de la vigne, expliquent la date des vendanges. La fleur a été générale vers le 23 juin, et la règle bourguignonne, qui veut que les vendanges commencent environ cent jours après cette fleur, est respectée.
Cette fleur a généré du millerandage : formation de petits grains qui offrent une meilleure concentration des sucres et des éléments précurseurs d'arômes.
Les vignes sont arrivées aux vendanges dans un état qanitaire parfait-feuillage apte à synthétiser les sucres et grappes indemnes de pourriture- malgré les pluies de début septembre. Il est tombé, entre le 1er et le 20 septembre, 82 millimètres de pluie. Mais le soleil est revenu et les vendanges se sont déroulées sous un ciel bleu. Seul l'orage de la nuit du 4 octobre a perturbé le travail de la vendange et provoqué, localement, des dégâts dus à la grêle.
La production devrait être supérieure à celle de 1994. Aucune gelée de printemps n'a contrarié les sorties de raisin.
Les vins de 1995 devraient être d'une qualité supérieure à la moyenne. Alors que les vinifications débutaient, les arômes étaient déjà bien développés et l'équilibre alcool/acidité favorable.
Note:17/20
1996 s'annonce comme un millésime très chablisien par l'équilibre, entre vivacité et concentration, qui s'exprime déjà dans les vins.
Bref retour en arrière! à Chablis la floraison s'est déroulée en deux temps.
Les vignes précoces, premiers et grands crus en général, ont passé la floraison fin mai dans de mauvaises conditions climatiques (froid) entraînant coulure et millerandage, donc de petites grappes et/ou des grappes à petits grains. Coulure et millerandage sont bénéfiques pour la qualité...beaucoup moins pour la quantité.
En revanche, les zones tardives, souvent les Chablis et les Petits Chablis, ont fleuri à la mi-juin environ, dans de bien meilleures conditions.
Dans ces vignes, les raisins étaient pleins et réguliers. Globalement, le chablisien a enregistré en 1996 des rendements plutôt moyens et ce pour une raison principale : la sécheresse.
L'eau a en effet manqué toute l'année et les raisins n'ont jamais grossi.
Au stade ultime de la maturation, en septembre, la concentration des différents éléments constitutifs du raisin (sucre, acidité, arômes) s'est effectuée par des températures fraîches, sous le vent du nord, et en l'absence d'intempéries. Une concentration par évaporation en quelque sorte!
Les vendanges ont débuté le 23 septembre, une date très précoce.
1996 est une très belle année en matière de concentration des raisins en sucre.
Mais on connaît également l'importance de la vivacité, de la fraîcheur dans la typicité et l'aptitude au vieillissement des vins de Chablis.
Les 96 ne manqueront pas de fraîcheur! pour l'instant, les 96 sont fruités, pleins, vifs, aromatiques et encore fermes. Cette fermeté va disparaître après la fermentation malolactique et les vins devraient alors offrir une superbe harmonie entre la richesse et la fraîcheur, la marque des grands millésimes.
Note:18/20
Des vendanges de rêve pour un millésime épanoui avec des vins qui livrent, déjà, des arômes purs, concentrés, avec beaucoup de finesse et de plénitude.
Les vendanges à Chablis ont débuté le 22 septembre, une date qui marque la précocité du millésime.
Elles se sont déroulées sous un soleil éclatant. Pas une goutte de pluie n'est tombée durant la récolte.
L'état sanitaire des raisins était magnifique : pas de trace de pourriture. "Parfaitement parfait", résume un technicien. Les raisins étaient dorés et mûrs à souhait, gorgés de sucre, dans tous les secteurs du vignoble Chablisien.
Le temps exceptionnel a permis aux vignerons d'attendre patiemment et sereinement que les parcelles plus tardives mûrissent. Les vignerons comparent la maturité du millésime 1997 à celle des 1989, 1990 ou 1992.
Les rendements sont légèrement inférieurs à ceux de 1996. Grâce à ses conditions climatiques exceptionnelles, les teneurs en sucre du chardonnay étaient élevées donnant des degrés naturels compris entre 12,5 et 13,5.
En tout cas, largement au dessus des degrés minimums requis pour les différentes appellations. La veille des vendanges, le gain en teneur sucre a été spectaculaire pour atteindre jusqu'à 0,8 degrés d'alcool probable en trois jours.
L'acidité est en retrait par rapport à 1996, mais demeure à un bon niveau. Si certains viticulteurs rapprochent la maturité du millésime 1992, ils jugent les teneurs en acidité plus élevées.
Les vins présentent de bonnes sensations, sans agressivité. Les fermentations alcooliques se sont déroulées rapidement. Il a été important de maîtriser les températures durant ces fermentations : les raisins arrivaient en cuverie à des températures élevées.
S'il convient d'être encore prudent sur le devenir des 1997, ils montraient, à l'issu des vendanges, des arômes prononcés, marqués par le fruit.
En bouche, les vins sont concentrés, mais avec un bon équilibre.
1989, 1990, 1992 sont les millésimes les plus fréquemment cités en référence. 1997 devrait être un millésime souple, tendre, allié à une bonne puissance.
Il est le fruit d'une année climatique durant laquelle le vignoble a tout connu : avance et retard.
Ainsi fin mars la végétation à Chablis marquait une avance de 2 à 3 semaines par rapport à une année normale, faisant craindre d'importants risques de gel.
Avril a été froid avec 15 nuits en dessous de zéro mais sans descendre en dessous de -4 degrés. Les vignerons ont passé de nombreuses nuits à mettre en œuvre les moyens de lutte contre le gel (chaufferettes, aspersion d'eau).
Avec succès. Les dégâts sont restés faibles. Mais avec ce froid, la vigne a pris du retard. Un retard comblé avec un mois de mai chaud.
La floraison s'est passée correctement début juin. Seules quelques parcelles ont connu coulure et millerandage. En juillet, pluie et soleil ont alterné.
Août a été particulièrement chaud. Début septembre, une pluie a relancé la végétation et la maturité des raisins, pour arriver aux vendanges avec un état sanitaire des raisins parfait.
Note:19/20
Les vendanges, qui ont débuté à Chablis le vendredi 25 septembre, se sont déroulées dans de bonnes conditions et laissent envisager des Chablis de facture classique, avec un bel équilibre.
Elles ont débuté sous le soleil. Puis, dans un premier temps, la pluie a contraint les vignerons à arrêter le récolte durant le week-end qui a suivi le ban des vendanges.
Mais, dés le lundi après-midi, les conditions climatologiques ont permis de couper les raisins sous un soleil gris, entrecoupé d'éclaircies mais et c'est essentiel sans pluie.
Les seules averses notées sont tombées durant la nuit. Le temps exceptionnel pendant la semaine qui a précédé la récolte un magnifique soleil a permis de concentrer les raisins et d'augmenter largement la richesse en sucre.
une augmentation de près d'un degré en une semaine sur certaines parcelles remarque un vigneron.
Les acidités sont bonnes, pour des vins harmonieux. Sans être du niveau du millésime 1996, les acidités sont supérieures à 1997.
Si des craintes pesaient sur l'état sanitaire des raisins quelques foyers de pourriture avaient été notés, elles ont été levées par l'arrêt de la pluie.
Les raisins rentrés au pressoir étaient sains.
Les fermentations se sont déroulées dans de bonnes conditions, sans précipitation du fait de la température relativement basse des moûts.
Mais il s'agit d'être encore prudent sur le devenir des vins du millésime 1998.
Après les débourbages, les premières impressions laissent apparaître des vins au bel équilibre sucre-acidité, avec un très beau gras et de belles expressions de fruits.
1992 est le millésime souvent cité en référence durant les vendanges.
Les rendements sont comparables à ceux de 1996, hormis les parcelles qui ont été touchées par l'orage de grêle qui s'est abattu sur certains secteurs.
La fleur, en juin, s'était déroulée sans retard ni difficulté.
Les très fortes chaleurs enregistrées début août trois jours (les 9, 10 et 11) avec des températures maximales de plus de 39 degrés ont entraîné un assèchement complet de certaines grappes, les plus exposées aux rayons du soleil.
Mais ce coup de chaud n'a eu aucune incidence sur la qualité du millésime.
Note:16/20
22 septembre! Les vendanges, dans le vignoble chablisien, ont débuté précocement, le 22 septembre. Mais, comme dans l'ensemble de la Bourgogne, elles se sont déroulées en "pointillé" afin d'éviter les pluies qui les ont émaillées.
De nombreuses fois, les vignerons n'ont pas hésité à interrompre la récolte pour attendre le soleil et ainsi vendange dans de bonnes conditions.
Si, comme dans l'ensemble de la Bourgogne, la nature cette année a été généreuse, l'important parc de machines, dans le département a permis de vendanger en évitant les pluies.
Avec, en final, des vins qui présentent de jolis degrés grâce aux exceptionnelles températures de septembre.
Elles ont été largement au dessus des moyennes saisonnières.
Sans état d'âme, les raisins se sont gorgés de sucre.
Jusqu'à un degré par semaine. L'état sanitaire des raisins rentrés en cuverie était parfait, avec de bonnes acidités. "elles se situent au niveau de celles du millésime 1997", explique un technicien.
Au pressoir, les jus étaient très beaux, très expressifs. des jus gourmands, remarque un vigneron.
En cuve, les fermentations ont été lentes, sans emballement et se sont déroulées sans problème.
Les vins sont équilibrés notamment du fait d'une présence plutôt faible en acide malique.
Dés à présent, les fermentations malolactiques sont déjà en cours.
Les 1999 semblent - la tendance sera à confirmer lorsque les vins seront finis, fins, délicats avec beaucoup de souplesse.
Note:17/20
Toutes les conditions sont réunies pour faire une belle année.
C'est ainsi que l'on pouvait résumer le sentiment des vignerons chablisiens alors que les vendanges s'achevaient. Un optimisme largement partagé dans le vignoble.
Le ban de vendange était fixé au samedi 23 septembre, marqué par une légère précocité.
Quelques parcelles, présentant une pleine maturité avant cette date, ont obtenu des dérogations pour vendanger plus tôt.
Le mois de septembre a été dominé par un bon ensoleillement et les vendanges se sont déroulées dans des conditions chaudes et sèches, à l'exception de pluies orageuses le mardi 26 et jeudi 28 septembre.
A cette dernière date, une bonne partie des raisins étaient déjà rentrés.
De taille un peu plus grosse que la moyenne, les grappes ont été vendangées dans un état sanitaire parfait.
L'absence d'attaque de pourriture a laissé tout loisir aux viticulteurs d'attendre patiemment la maturité optimale pour vendanger.
Les degrés d'alcool naturel des moûts sont situés entre 11% et 12,5% dans l'ensemble du vignoble.
Dans ces conditions les départs de fermentation n'ont posé aucune difficulté.
Aujourd'hui (octobre 2000), les fermentations alcooliques se terminent et il est trop tôt pour tracer les caractéristiques gustatives du millésime.
Les cuvées les plus avancées présentent des arômes purs, dominés par des notes florales et d'agrumes.
On peut également pronostiquer que les Chablis 2000 présenteront un bel équilibre acidité-alcool-gras s'inscrivant ainsi dans la lignée des 1999, 1997 et 1990.
A Chablis, le millésime 2001 constitue déjà pour beaucoup de vignerons une bonne surprise.
Malgré une année marquée par de nombreux désordres climatiques (juillet froid, épisodes de précipitation abondantes…), les vins se présentent aujourd’hui bien droits, nets, francs, avec une fine minéralité.
Les vendanges ont débuté le 1er octobre, sous un ciel changeant. Mais la météo s’est rapidement mise au beau fixe, permettant une récolte dans de bonnes conditions, à l’exception du mercredi 3 octobre et du samedi 6, marqué par un violent orage en soirée.
Ce début d’été indien succédait à un mois de septembre frais et maussade, et à un mois d’août globalement ensoleillé et chaud, qui a permis une progression satisfaisante des maturités.
Chez de nombreux producteurs, les richesses en sucre étaient assez bonnes, de même que le niveau d’acidité, garant de fraîcheur et d’équilibre.
Si les vins apparaissent aujourd’hui un peu « mordants », ils devraient s’assouplir après fermentation malolactique, en raison de la prépondérance de l’acide malique dans l’acidité totale.
Autre bonne surprise, les moûts semblent généralement peu sensibles à l’oxydation : les tenues à l’air sont stables, annoncent en chœur plusieurs vignerons.
2001 a aussi donné une prime aux meilleurs terroirs. Rarement les différents niveaux d’appellation sont apparus aussi marqués.
Les Petits Chablis sont francs, droits, fins et légers. Ces mêmes qualités sont présentes dans les Chablis avec une densité et une richesse supplémentaires.
Les plus belles réussites sont à rechercher dans les Premiers Crus, et surtout dans les Grands Crus, où les vieilles vignes et les meilleures expositions ont fait de belles cuvées, alliant complexité aromatique et longueur en bouche.
En résumé, un millésime 2001 qui devrait satisfaire beaucoup de consommateurs qui souhaitent déguster rapidement les vins des grands terroirs de Chablis.
Un millésime 2002 de grande qualité.
Sans l’ombre d’un doute, avec le millésime 2002 Chablis tiens une très grande année.
Les vins expriment un joli fruit, ils se révèlent très droits et purs, sans aucune déviation aromatique.
Ils montrent une belle profondeur, et les terroirs sont bien définis, voire sublimés pour les plus grands d’entre eux, estime Hervé Tucki, directeur de la Chablisienne.
2002 peut-il dès lors être considéré comme un millésime exceptionnel ? L’évolution des vins, surtout celle des grands crus, ne permet pas encore de se prononcer avec certitude.
Mais les vignerons s’accordent pour considérer que l’année sera, au moins, excellente.
Commencées le 23 septembre, et achevées autour du 10 octobre, les vendanges, assez précoces pour la région, ont amené dans les cuves des raisins mûrs et sains.
Le mois de septembre magnifique, avec des journées ensoleillées et ventées, et des nuits fraîches, a permis de conserver un état sanitaire parfait, se réjouit Benoît Droin.
La deuxième semaine de récolte s’est montrée la plus favorable à la progression des sucres. On a vu des petits chablis rentrés à 12°, et des grands crus à 13), voire 13°5.
Les maturités les plus élevées ont été obtenues sur les vignes les moins chargées, mais globalement, l’année se révèle moins généreuse que 1999, 2000 et même 2001.
On peut parler d’une assez petite production, avec des rendements souvent inférieurs aux quantités autorisées dans les premiers crus et les grands crus.
La constitution des raisins est l’une des explications de ces volumes en baisse.
Il fallait presser doucement et assez longtemps, à cause des faibles rendements en jus, se souvient Benoît Droin.
Ce jeune vigneron évoque des peaux épaisses, et des pulpes très grasses.
Quant aux structures acides, elles se révèlent correctes, mais pas exceptionnelles.
Les acidités totales seront de toute façon inférieures aux millésimes de très longue garde, comme 1996.
A quelle réussite précédente doit-on comparer ce 2002 très prometteur ? sans hésitation, aux beaux 92, pour la qualité du fruit, le gras et la cohérence du corps répond Hervé Tucki.
Comme tous les grands millésimes à Chablis, les meilleurs 2002 se conserveront bien, 10 ans et plus sans problème pour les meilleurs crus.
2003 : le millésime inédit ! Il faut remonter loin pour trouver de telles conditions climatiques en chablisien !
Au début du cycle végétatif, au stade débourrement, l’année s’annonçait très précoce.
Les fortes gelées du début du mois d’avril ont quelque peu perturbé la sortie des bourgeons, entraînant localement des dégâts assez importants dans le vignoble.
Cet aspect ne sera pas sans incidence sur le volume de récolte.
Par la suite, les températures et l’ensoleillement exceptionnels ont entraîné un développement spectaculaire de la végétation, et une floraison très précoce et très rapide.
A partir de là, tout s’accélère. Les premiers grains vérés sont signalés vers la mi-juillet, la véraison est générale à la fin de ce mois.
Août est très chaud, très ensoleillé et sec. Quelques dégâts de grillure, et quelques symptômes de sécheresse commencent à apparaître. La maturation progresse énormément jusqu’à la mi-août.
Après un blocage observé jusqu’au 20 août environ, elle se poursuit, peut-être plus par concentration que par voie physiologique, tant et si bien que les bans de vendange sont déclarés pour le 25 août.
Les parcelles les plus mûres peuvent ainsi être récoltées avec des degrés alcooliques proches de 13° !
Les situations sont très diversifiées selon l’exposition, l’âge de la vigne.
La récolte va ainsi s’étaler sur plusieurs semaines, jusqu’à la mi-septembre.
Pendant ce temps, les conditions climatiques continuent d’être très clémentes.
Finalement, les raisins sont d’une très grande maturité, jusqu’à 14° de degré potentiel naturel, et un état sanitaire parfait.
On notera toutefois une proportion importante de raisins grillés. Les rendements sont faibles dans l’ensemble, en net retrait par rapport à 2002.
2003 est vraiment un millésime inédit, dont les conditions rappellent 1893, d’après différents témoignages.
Les vins sont riches, amples, harmonieux, même si les acidités sont inhabituelles. Leur avenir suscite déjà beaucoup de curiosité.
|