La poutargue ou le caviar de la méditerranée .
La boutargue est un produit très ancien, plusieurs pays comme l'Egypte, l'Italie ou encore la Grèce s’en disputent l'origine. En fait, elle était déjà connue des Crétois du temps de Minos, et il est permis de penser qu’elle fût importée en Provence par les Phéniciens lorsqu’ils fondèrent Marseille au VI siècle avant notre ère. Rabelais, en faisait déjà référence dans son ouvrage Pantagruel. Tunisiens, Libyens, Turcs, Espagnols ou encore Libanais en ont fait la pièce maîtresse de leurs apéritifs. En Corse, la Boutargue est de rigueur lors des fêtes de fin d’année. Les Italiens, eux, la préfèrent râpée avec des spaghettis. Pour la ville de Martigues, près de Marseille en France, c’est tout simplement le plat traditionnel.
La Poutargue ou boutargue ou caviar de la Méditerranée ou caviar de Martigues ou encore poutargo ou boutargo en provençal anciennement botargue. Produit de luxe à base d'oeufs de mulets salés et séchés, parfois appelé "caviar de la Méditerranée". C'est une spécialité de la commune de Martigues dans le département des Bouches du Rhône. Elle a une saveur puissante et marine. Son histoire mérite d' être connue et comtée. En 1782, Pierre-Jean-Baptiste Le Grand D'Aussy en fait mention avec un processus de fabrication identique à celui artisanal d'aujourd'hui dans son Histoire de la vie privée des français depuis l'origine de la nation jusqu'à nos jours. Toutefois, l'origine exacte et la date d'introduction en Provence sont sujets à débats: D'un point de vue analyse lexicographique, le mot français poutargue serait le glissement actuel de la prononciation du mot français boutargue qui est emprunté au mot provençal boutargo, lui-même étant emprunté à l'espagnol botagra dérivé, à son tour, de l'arabe bitârikha. Tous ces mots ont le même sens de oeufs de poisson salés. Pourtant ceci ne suffit pas à en fixer l'origine car: Si un apport par les arabes via l'Espagne est plausible, d'autres nous rappèlent que les oeufs de poisson salés étaient connus de l'antiquité romaine et que les romains les importaient et les considéraient le plus souvent comme une spécialité grecque. Quoiqu'il en soit, aucun document ne mentionne la poutargue en Provence avant le XVI ème sc. puis, au XVI ème sc. tout le monde se met à en parler. Rabelais en fait consommer à Grandgousier dans son Gargantua. Rabelais encore en fait consommer des centaines à pantagruel. Le Thrésor de santé ou mesnage de la vie humaine Faict par un des plus célèbres & fameux Medecins de ce siècle Lyon, Huguetan, 1607), cite les oeufs de mulets salés et séchés comme un produit qui donne soif fait par les provançaux et appelé botarges. A partir du XVIII ème en 1770 dans le Dictionnaire portatif de commerce on commence à préciser qu'il s'en fait à 8 lieus de Marseille, dans un lieu nommé Martegue. Cette spéciallité est connue et appréciée à travers les grandes tables et les millieux aisés de la planette et constitue un présent inestimable parfois, de la Russie à l'Afrique. Les Juifs en sont friands. Les Grecs l'utilisaient pour la fabrication de l'authentique tarama. |