Le Gyromitre comestible est un champignon printanier commun dans le sud du Québec. C'est une espèce saprophyte qui croît sur les sols sablonneux, en milieu ouvert, surtout sous le pin blanc et dans les bois en friche dominés par les bouleaux et les peupliers. Le Gyromitre comestible est un champignon présent dans toute l'Amérique du Nord.
Il croît aussi assez communément dans de nombreux pays d'Europe. Son nom scientifique, Gyromitra esculenta signifie "mitre ronde" Gyromitra, et "comestible" esculenta. On reconnaît cet ascomycète à son chapeau brun rougeâtre, circonvolué, creux à l'intérieur et à son pied crème ou brunâtre. La plupart des ouvrages mycologiques illustrent cette espèce. Le Gyromitre comestible apparaît peu après la fonte des neiges. Dans la région des Basses-Laurentides et celle de Montréal, il fructifie en moyenne à partir du 20 avril. Les spécimens prennent entre une et deux semaines pour parvenir à maturité, selon la température. Ceux qui amorcent leur fructification plus tard, comme entre le 5 et le 10 mai, atteignent une plus grande taille que ceux qui apparaissent en avril. En général, les spécimens aperçus après le 25 mai sont vieux et défraîchis. Le champignon attend alors le printemps prochain pour fructifier à nouveau. Il est fidèle à sa station et peut être retrouvé au même endroit pendant plusieurs années. Comme son nom l'indique, ce champignon est comestible mais attention: pas toujours, et pas pour tout le monde! Il contient une toxine, la gyromitrine, transformable en monométhylhydrazin, un composé dangereux qui entre souvent dans la composition du carburant à fusée. La MMH est détruite a 87,5 oC, raison pour laquelle les gyromitres sont beaucoup plus dangereux crus que cuits. Quoi qu'il en soit, des gens ont déjà été gravement malades après avoir consommé des gyromitres cuits, certains sont même morts. Ceci indique qu'il reste toujours un peu de toxine dans le champignon même après la cuisson. On sait aussi que certaines personnes sont plus sensibles que d'autres à la toxine, et que cette dernière se trouve en quantité variable dans les spécimens selon l'endroit d'où ils proviennent.
La façon la moins dangereuse de consommer des gyromitres serait de ne récolter que des spécimens jeunes et en bon état, de les faire sécher, de les ébouillanter un bon moment, puis de rejeter leur eau de cuisson avant de les apprêter. Il faut aussi savoir que les vapeurs qui se dégagent des champignons pendant leur dessiccation et leur cuisson sont toxiques.
Seulement au Michigan, il y a eu 112 cas d'empoisonnement aux gyromitres répertoriés de 1991 à 1993. Les principaux symptômes ont été, selon les personnes intoxiquées: vomissements, nausées, diarrhées, crampes abdominales, vertiges, maux de tête, jaunisse et gaz intestinaux. Ces faits justifient amplement que le Cercle déconseille la consommation des gyromitres. Cherchez plutôt des morilles ! |