|
Situé aux limites du Perche, du Cotentin et du Calvados l'Orne est un département qui est resté à l'écart des tentations modernes. Sa capitale Alençon est une ville célèbre par son point de broderie. Le point d'Alençon se transmettait juste avant de mourir entre les soeurs du couvent. Les broderies au point d'Alençon sont célèbres dans le mode entier et coûtent une petite fortune.
C'est aussi dans cette région que Monsieur Paul Mantelet construisit son empire. Il démarra avec une petite unité de fabrication dans un petit village à côté d'Alençon et fabriquait des moulins à café manuels.
Plus tard il inventa un petit moteur électrique qui se multiplia très vite. De petit, il devint gros, très gros. C'est ainsi que naquit Moulinex, malheureusement cette société ne résista que peut de temps à la disparition de son mécène, et se trouva découpée en petites unités qui furent vendues à la barre du tribunal.
Au milieu de la ville, trône comme une reine une superbe cathédrale gothique qui domine la vieille ville.
Mais l'Orne ce n'est pas qu'Alençon, on peut découvrir au nord-est la Suisse Normande si belle, avec des paysages à vous couper le souffle, autour de la rivière l'Orne qui s'écoule paisible au pied des collines normandes.
A Sées, un superbe clocher domine la ville, son marché aux bestiaux est important même si il est moins célèbre que celui de l'Aigle ou tous les mardi se retrouvaient la moitié des maquignons que comptaient la France.
C'est aussi à L'aigle que Monsieur Claude Bernard hôtelier de son état, connu de beaucoup, fut jusqu'à sa retraite le plus ancien étoilé Michelin de France. Il le resta pendant plus de 35 ans. Record à battre.
Plus d'industrie, un peu d'élevage, beaucoup de belles forêts de chênes centenaires et majestueux, qui furent sa fierté.
L' orne est quand même resté un lieu d'élevage pour les chevaux de courses. C'est ici que s' élèvent et s'entraînent par centaines des chevaux purs sang d'éspèces différentes mais racées appartenant à de riches propriétaires terriens.
Ces purs sang sont les espoirs à chaque course des turfistes de la région parisienne ou d'ailleurs.
Les haras pullulent de richesses trottantes et galopantes sans oublier le plus illustre d'entre eux le Haras du Pin,un modèle du genre entouré de hautes grilles dont les piques napoléoniennes sont encore dorées à la feuille d'or.
C'est dans ce lieu magique que Roquépine et bien d'autres cracks coulent une retraite paisible entrecoupée de saillies très chères qui laissent espérer une descendance prometteuse pour un futur vainqueur d'un prix d'Amérique ou du grand prix des trotteurs.
Région paisible, riche dont on ne parle jamais, elle fut oubliée dans les tracés des lignes TGV, des autoroutes et bien des voies d'accès se terminent encore en cul de sac.
C'est peut être cet oubli qui la protège la mieux des agressions extérieurs. Le Gers qui a subit le même sort ne s'en porte pas plus mal aujourd'hui.
On trouvera toutefois dans une zone située près du Perche de superbes percherons qu'on présentaient autrefois dans les marchés aux bestiaux, on se les vendaient entre propriétaires, mais aujourd'hui on les garde pour travailler dans les concours de labours et dans les diverses expositions agricoles.
Le percheron comme l'homme, a depuis longtemps été supplanté par les machines. Dans l'Orne, il ne reste que l'élevage des vaches laitières et des races à viandes. Du lait, du beurre et du fromage qui nous rappelleront que pas très loin d'ici, à la lisière des deux départements vivait à Camembert une certaine Marie Harel....
Mais l'Orne, c'est aussi le cidre et ses pommes à cidre. Dans le Domfrontais on fait du cidre, du pommeau, du poiré et de l'excellent calvados.
Quelques fermes nous proposent de la confiture de lait, du miel, des confits de fruits par ailleurs excellents et de merveilleuses volailles de ferme élevées aux grains ou des lapins de chair et de bonne chair qui se vendent sur les marchés du matin des villages de la région.
Mais avant de terminer, nous n'oublierons pas que l'Orne fut la patrie du gentlemen farmer à la Française, le célèbre acteur Jean Gabin Moncorgé. Il fut la vedette malgré lui d'un funeste procès entre propriétaires terriens locaux qui n'appréciaient pas son avidité dévastatrice à s'approprier toutes les bonnes terres de la région.
Le procès eut lieu à Alençon, le résultat importe peu mais il défraya tellement la chronique que ce fut le célèbre Léon Zitrone qui le commenta au journal de 20 heures...
Cette région paisible et calme en fut toute retournée de se retrouver ainsi à la une, mais très très vite, le département retrouva son calme dont elle ne se départit jamais plus. Mais, je peux vous précisez une chose, je peux vous raconter tout ça parce à cette époque que j'y étais... |