Pissenlit

PISSENLIT – Découverte

Le pissenlit ou le Taraxacum signifie je trouble, j’agite, par allusion à ses propriétés diurétiques, ce que confirme le nom de pissenlit qu’on lui donne en français. Officinale signifie «préparé en officine». Médicinal, quoi! Son rôle dans l’environnement: C’est le pissenlit, écrit le frère Marie-Victorin dans La Flore laurentienne, qui donne, vers le commencement de mai, la première miellée notable du printemps, fournissant abondamment aux abeilles – que l’on peut cesser de nourrir à ce moment, nectar et pollen.
Et ça se mange?
Ça ne fait pas que se manger, ça se boit aussi! On fait de la salade avec les jeunes feuilles, un légume d’accompagnement ou des marinades avec les boutons floraux, et du vin avec les fleurs.
On peut aussi couper les feuilles en chiffonnade et les ajouter aux sandwiches, soupes à la fin de la cuisson ou à du fromage de chèvre crémeux.

L’incontournable salade de pissenlit

C’est le mets classique à préparer lorsque les premières pousses vertes apparaissent au printemps. L’intérêt de cette salade, c’est qu’elle vous attrape par les papilles gustatives caliciformes, celles qui sont exclusivement réservées aux aliments amers et qui se trouvent disposées en « V » à la base de la langue, tout au fond de la bouche. Celles-là même qui sont en train de s’atrophier à force de ne pas servir parce que, dans notre culture du sucré, on a tout, tout, tout oublié des aliments amers, contrairement à nos ancêtres qui savaient, eux, quel bien ça vous apportait au sortir de l’hiver, même si ça vous faisait parfois rentrer les joues « par en dedans ».

Ce sont les jeunes feuilles qu’on apprête en salade, les plus vieilles étant vraiment trop amères. Celles-là, on se les réserve pour les usages médicinaux. Une bonne façon d’atténuer l’amertume de la salade de pissenlit consiste à introduire un peu de chaleur dans le processus. Allez donc savoir pourquoi!
Il vous faudra donc:
‘un bol à salade qui peut supporter la chaleur
‘des feuilles de pissenlit fraîchement récoltées
‘de l’huile d’olive
‘une ou deux échalotes (grises ou rousses)
‘une ou deux tranches de bacon – provenant d’un porc élevé bio si possible
‘du vinaigre de vin rouge
‘sel et poivre
Mettre le bol à salade dans un four allumé à basse température.
Émincer les échalotes et débiter le bacon en petits lardons.
Faire revenir l’échalote et les lardons dans de l’huile d’olive et laisser cuire une vingtaine de minutes.
Laver les feuilles de pissenlit en les séparant bien à la base, là où se ramasse la terre. Les sécher avec un essuie-tout ou un linge à vaisselle et les couper si besoin est, avant de les mettre dans le bol que vous aurez tout juste sorti du four.
Ajouter les lardons et leur gras de cuisson à la salade puis remettre le poêlon sur le feu et déglacer avec 3 c. à soupe de vinaigre de vin rouge, en grattant bien le fond du poêlon et en amenant à ébullition.
Verser sur la salade, assaisonner et servir immédiatement.
Note. Vous pouvez omettre le bacon si vous préférez votre salade sans viande.
Peut-être pourriez-vous ajouter des croûtons grillés dans l’huile d’olive et frottés à l’ail. La gousse d’ail a une affinité particulière pour la saveur amère, qu’elle déguise sans éteindre.

Est-ce que ça soigne?

Ben tiens! Puissant tonique, nettoyeur du sang, stimulant de la sécrétion biliaire, capable de réveiller tout organisme qu’une alimentation riche et le manque d’exercice ont rendu paresseux, le jus de pissenlit, à raison d’une ou deux cuillérées à soupe le matin et le soir, était jadis conseillé en cure d’un mois au printemps. On l’exprime de préférence le jour même à l’aide d’un extracteur à jus. Il se prépare avec moitié feuilles et moitié racines et se boit en remerciant les dieux et déesses d’être aussi efficace à petites doses. Parce que, à plus hautes doses, on serait franchement pas capables!
Il paraît que c’est un remède divin pour tout ce qui s’appelle arthrite, arthrose, rhumatismes, à la condition de suivre la cure tous les printemps sans faute. Même les médicaments à base de cortisone ne seraient pas aussi efficaces, sans parler du fait qu’ils sont nettement plus toxiques. Pour en savoir encore plus sur les propriétés médicinales du pissenlit, voyez notre fiche complète.
On les récolte quand ces feuilles’
C’est simple : dès qu’elles sortent de terre et jusqu’à l’apparition des boutons floraux, soit environ de la mi-avril à la mi-mai sous nos latitudes. Idem pour les racines, qui offriront toutefois une deuxième récolte à l’automne.
Prudence! N’allez pas cueillir vos pissenlits sur un terrain qui a été traité aux insecticides, herbicides, fongicides ou engrais chimiques. Vaut mieux éviter ce genre d’assaisonnement, c’est pas très bon pour la santé. Ignorez également les bords de routes très passantes et tout endroit où la pollution peut être importante. En cas de doute, abstenez-vous!
L’arracheur de racines de pissenlit
Essentiel pour ramasser les profondes racines sans trop abîmer votre pelouse ou terrain. Il s’agit d’un tube qu’on enfonce dans le sol et qui permet de retirer une carotte de terre avec la racine au centre.
Saviez-vous que? Dans les années soixante, on fabriquait encore du caoutchouc avec le latex qu’exsude le pissenlit.
Jusque dans les années quarante, les jeunes filles de «bonne famille» étaient mises à contribution pour la récolte des fleurs de pissenlit avec lesquelles on faisait un vin médicinal qu’on offrait aux religieuses de l’«asile» pour le soin des malades. Ce vin était réputé remontant, tonique et à peu près bon pour tout.

PISSENLIT – HISTOIRE

Nom familier : pis – en – lit

Taraxacum officinale. Pissenlit
Composées: Autres noms communs : dent de lion, laitue de chien, salade de taupe, florin d’or. Habitat : On le trouve en Europe jusqu’à 2000m d’altitude, dans les prés, les paturages ou les champs. Il a une préférence pour les sols limoneux, riches mais à humus doux, il apprécie l’azote.
Identification : Ses feuilles, longues et dentelées, forment une rosette à la base de la plante. Plusieurs pédoncules floraux partent de la rosette, la tige ou hampe est creuse et à forte sécrétion laiteuse, elle a une hauteur de 5 à 30cm. La fleur est jaune vif, à corolle ligulée, elle s’épanouit le matin et se referme le soir. Les fruits sont des akènes cotelés, surmontés d’une aigrette de soies denticulées que le vent emporte et que souflent les enfants. Ses racines pivotantes contiennent des réserves de nourriture.

Historique : Les anciens connaissaient certainement le pissenlit mais sa mention n’apparait qu’en 1485 dans ” l’ortus sanitatis “. Les apothicaires lui donnaient le nom de Taraxacum qui semble être le dérivé du nom arabe d’une autre composée(tharakhchakon)
Propriétés Médicinales : Il est anti-scorbutique, apéritif, laxatif dépuratif, stomachique, diuritique, tonifiant et désintoxiquant, il régule le système hépatobiliaire.
Alimentaires : Les pissenlits se mangent aussi bien cuits que crus, mais il faut les consommer jeunes.
Industrielles : Au cours de la 2ème guerre mondiale, les soviétiques avaient développé la culture d’une autre espèce, le taraxacum Kok-Saghyz, pour récupérer le latex.
Mellifères : Il comble les abeilles de son nectar.
Au printemps, à la campagne, il était de tradition de consommer chaque jour une bonne portion de pissenlits cuits ou crus, cette cure ” purifiait le sang “.

Recette :

Gelée de fleurs de pissenlit :
Cueillir 50 fleurs (sans la queue), les jeter dans 1 litre d’eau en ébullition, laisser infuser 10 à 15mn puis récupérer le jus, le peser et ajouter le même poids de sucre. Procéder ensuite comme pour une autre gelée.
Quant à la salade de pissenlits, on peut l’agrémenter en ajoutant des oeufs durs et des lardons.

Un mot sur l’auteur :

Pierre Marchesseau

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