Vin de Chinon

VIN DE CHINON – HISTOIRE

Le vin de CHINON communément appelé “BRETON” n’est pas originaire de la Touraine, ni de la Bretagne.

Son ancêtre le Vitis Biturica, à sans doute été apporté par les légionnaires Romains aux premiers siècles de notre histoire, à noter l’éloge de ce cépage par PLINE et COLUMELLE.

La Vigne Biturica, plant de qualité supportant le froid, la tempête et la pluie donnant un vin qui se garde longtemps et se bonifie au bout de quelques années.

Les Plantagenets Comtes d’Anjou le cultivaient déjà au 12ième siècle sous le nom de plant de Bordeaux. Ce plant appartenait à la famille des Carmenet, il a transité de Bordeaux à Nantes et remonté la Loire avec les mariniers Bretons de Nantes, transporteurs privilégiés des Vins de Loire et de Chinon qui ont contribués largement à diffuser ce nom de terroir du cépage Cabernet.

Ce bon vin Breton qui point ne croist en Bretagne, mais en bon Pays de Véron.

Citation de l’illustre écrivain local François Rabelais.

A noter le rôle important joué au XVè Siècle par un seigneur Le Breton, seigneur de Villandry, Savonnière, Villesavin, ambassadeur à ROME, secrétaire du roi François 1er au département des finances, Régisseur des travaux pour la construction de Chambord.

Il aurait fait planter de nombreuses vignes entre rivière de Vienne et Fleuve de Loire dans la région du Veron et sur la Roche Clermault.

La tradition locale aurait donc donné à ce cépage le nom de Breton, suite à toutes ses influences.

Texte de Jean Méré grand ménéstrel de la Confrérie .

VIN DE CHINON – UN PRESTIGIEUX VIGNOBLE

Situé près de Tours, Chinon est le berceau de Rabelais.
L’aire d’appellation Chinon s’étend sur près de 2 000 hectares, il est produit par plus de 200 vignerons.
Les vignes sont exposées sur différents terroirs : terrasses graveleuses (vin pouvant être bu dès sa jeunesse à Pâques) et coteaux argilo-siliceux ou argilo-calcaires (vin de garde, voire de très grande garde).

LE CABERNET FRANC, UN CEPAGE DE HAUTE EXPRESSION

Le Chinon est produit principalement avec un seul cépage :
le cabernet-franc, dit ” Breton ” (le cabernet-sauvignon est autorisé dans
une proportion de 10% d’encépagement). Il exprime des arômes de fruits
rouges et de violette.
Certains vins plus tanniques sont élevés en fûts de chêne afin d’affiner
leur expression.
On trouve aussi d’élégants rosés aux arômes primaires très fruités, vins de soif par excellence.
Quant au Chinon blanc, élaboré à partir du cépage chenin, il reste très minéral avec des arômes très floraux.

OU TROUVER LE CHINON ?

Ils se répartissent sur les deux rives de la Vienne entre 18 communes viticoles :

Anché, Avoine, Avon-les Roches, Beaumont-en-Véron, Chinon, Cravant-les-Coteaux, Crouzilles, Huismes, l’Ile Bouchard, Ligré, Marçay, Panzoult, Rivière, La Roche-Clermault, Saint-Benoit, Savigny-en-Véron, Sazilly, Tavant, Theneuil.

VIN DE CHINON – Littérature

Chaque année est coiffée d’une coquetterie tissée sur la trame du temps.

C’est certainement une des confidences les plus intimes que nous offre chaque année le vin .

C’est son vécu fait de chaud, de froid, de pluie, de vent, de peur de la gelée et de la grêle, qu’il nous raconte solidement assis sur son trône fait de sable d’argile, de calcaire, d’humus et d’eau.

Quelle chance pour une confrérie de pouvoir prétendre historiquement que Rabelais est des siens ! Celui dont on dit qu’ il est le plus grand auteur français, qui a fait sa fortune littéraire en cinq livres et qui se joue du savoir et rigole de l’ignorance, celui auquel La Fontaine, Molière et Céline, ces costauds des lettres françaises, ont tressé des lauriers, celui, enfin, que Cocteau a défini comme les grandes orgues d’une cathédrale pleine des grimaces du diable et de sourires des anges, cette étrange musique le désignant, chez les cerveaux à bourrelets, comme le canard boiteux des belles lettres, aurait très certainement parrainé la docte Confrérie des Bons Entonneurs qui porte son nom avec fierté, résolution et orthodoxie.

Certes, le grand homme est des siens. Au moins par la naissance. Ensuite, ces gentilshommes épicuriens officient, au principal, à l’épicentre du cosmos rabelaisien, ces fameuses Caves Painctes où l’auteur des horribles et espouventables faits et prouesses du très renommé Pantagruel, serait venu sacrifier au vin d’ici, meilleur que l’eau – delà et baptiser Chinon. On dit aussi de ces antres, comme disait Ronsard, qu’elles furent inspiratrices du Temple de la Dive Bouteille.

Quoi qu’il en soit, forte de ces certitudes et de ces suppositions qui font généralement que l’histoire se mélange à la tradition, la Confrérie des Bons Entonneurs est la seule, en France, qui puisse légitimement se prévaloir du maître.

Effectivement, quelle belle opportunité pour cette confrérie vineuse, un mot qui ne se décline pas avec vinasse, figurant parmi les deux ou trois plus illustres de France, que de s’inspirer de ce parfait humanisme, de ce philosophe de la simplicité qui fut médecin, théologien, astronome, poète, juriste, topographe, musicien, helléniste et latiniste, universel en un mot, et d’établir ses concepts sur l’oeuvre de cet écrivain fécond, de cette riche nature d’homme sensible et raffiné qui a tant marqué le goût français pour la bonne chère, le vin breton qu’on nomme Chinon, le gaudriole sans méchanceté, et dont le nom vénéré est synonyme d’esprit pétillant, audacieux et courageux, paillard autant que généreux, n’en déplaise au pisse-menu et aux vérolés très précieux.

Cet esprit rabelaisien est assurément une profession de foi et un idéal de vie, qualité d’homme et non pas comportement d’escholier attardé? Bien sûr , on vit Rabelais à Chinon comme on ne pourrait le faire en d’autres lieux.

Tout dans cette ville aimable et douce, estampille l’oeuvre du maître qui n’aurait probablement pu s’exprimer ailleurs, dans une autre atmosphère. Du vieux tuffeau craquelé à l’étrange lumière du Val, de la vigne dorée au vin à la senteur de violette, et du tonneau rondelet au ventre repu, c’est une façon d’être et de penser qui s’affirme en ce pays béni des dieux.

Dès lors, la philosophie rabelaisienne ne pouvait que s’y épanouir et donner sa sincérité à GrandGousier, son prodigieux entendement à Gargantua et sa tolérance généreuse à Pantagruel.

Le décor est planté, le bréviaire récité, le vin tiré, encore fallait-il proclamer le message bachique en Rabelaisie. Depuis 1961, la Confrérie des Bons Entonneurs a pris en charge sa mission essentielle : proclamer urbi et vertus éminentes du vin de Chinon. Elle est née le 8 juin de cette année ? là où le vin ne fut pas si mauvais. Trois jeunes viticulteurs, Pierre Couly, Louis Farou et Gatien Ferrand, se réunissaient à député André Voisin. Un vieux projet chinonais allait aboutir, la création d’une Confrérie.

Ses voisins, les chevaliers de la Chamtepleure, dont le grand Maître est Gaston Huet, la portèrent sur des fonds baptismaux où le Chinon et le Vouvray s’étaient substitués à l’eau bénite.

Le premier chapitre eut lieu le 30 septembre et l’écrivain Paul Guth fut l’un des intronisés par le Grand Maître de l’époque, Pierre Beauvilain.

Depuis, Les Chapitres des Bons Entonneurs Rabelaisiens sont probablement parmi les plus pittoresques et les plus orthodoxes de France. Dans les fameuses Caves Painctes, le cérémonial immuable ressemble, par l’esprit très particulier qui s’en dégage, à une grand’messe dite à François Rabelais.

Ce vieux François du XV° siècle, si imagine, si subtil et si nuancé, dans lequel s’expriment les hauts dignitaires de la Confrérie en accueillant les impétrants, donne toute sa puissance évocatrice et toute sa coloration linguistique à cette cérémonie théâtrale mais pleine de sens, grandiloquente mais de bon goût.

Messieurs les beuveurs, honorables dames et gentes demoiselles… “. Ainsi s’exprime le Grand Maître Pierre Couly ouvrant solennellement le chapitre, en ajoutant dans un langage qui se marie Bien avec le saumon brézé de Loire et les fourmaiges des boucqueries de Sainte – Maure et aultres estables :

Ce Xe jour de Corpus Christi 1999, la Confrérie des Bons Entonneurs Rabelaisiens déclare ouvert son Xe chapitre en ce vray pays de Rabelais qui le vit naistre et dit qu’avant l’extraordinaire repaissaille digne des grands gousiers, de bons amis beuveurs entreront en grandes pompes et honneurs comme chevaliers, après bonne et valable épreuve à dire et à voir, comme fust Gargantua en hon vin breton, qui ne croît en Bretagne mais en hon pays de Véron, Cravant, Panzoult, Ligré, Beaumont et austres lieux du pays de Chinon.

Et que bons chevaliers garderont santé par ce vin de taffetas qui chasse humeurs sales et lancinantes, tout à l’aise du corps et au profit des reins et enlève gravèle et aultres maladies de vessie…

Et qu’étant en décente tenue, ventre libre, gousier sec et esprit clair, les vaillantissimes candidats se présentent en ces lieux pour prendre engagement solennel… ”
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Gérad Depardieu en pleine intronisation !A travers le monde, la Confrérie qui, avec la trentaine, affiche la force de l’âge, peut s’enorgueillir d’avoir adoubé plus de 30 000 chevaliers, dont certains nous ont quitté.

Des centaines de personnages illustres, venus de la Rose des Vents, ont prêté serment solennel de glorifier le vin de Chinon.

Quelques noms célèbres : Catherine Sauvage, Line Renaud, Colette Renard, Kiki Caron, Marcel Achard, Jules Romains, Antoine Blondin, Alphonse Boudart, Mose, Alexandre Lagoya, Yves Coppens, Michel Simon, Michel Galabru, Marcel Carné, André Verschuren, Daniel Gélin, Gérard Depardieu, Jean Poiret, Claude Chabrol, Mario David, Philippe Bouvard, Ménie Grégoire, Ferniot, Pierre Bonte, Max Meynier, Marie-Laure Augry, Charles Bozon, Michel Jazy, Guimard, Alain Mimoun, Bernard Hinault, Maurice Bellonte, Fernand Andréani, recordman sur Concorde, Patrick Baudry, astronaute, Jacques Puisais, président international des oenologues, Raymond Oliver, Pierre Androuet, Pierre Troisgros, Charles Barrier, Paul Bocuse, Jean Bardet, Alain Senderens, Eiji Toyoda, de la firme Toyota, Pierre Salinger, Kandalov, directeur de Tupolev, Georges Jallerat, père de la Paulée des Vins de Loire, Alain Rabier etc.

La faculté prouvant sa confiance dans le divin breuvage est également largement représentée dans ce gotha rabelaisien, tels les professeurs Pourcelot, Cabrol et Maupas.

On doit d’ailleurs à ce dernier, qui a brillamment travaillé sur l’hépatite B, cette remarque:
De toutes mes recherches, le seul produit antiviral, trouvé a l’état naturel, est le vin, et le vin de Chinon en particulier…

Autre jugement, plus émotionnel mais tout aussi spontané, celui de Bernard Hinault : De toutes les cérémonies que j?ai vécues, c’est assurément celle des Bons Entonneurs Rabelaisiens qui m?a le plus conquis. Peut-être est-ce la seule qui m?ait vraiment ému tant le message qu’elle délivre est intelligent… ” La cape rouge des chevaliers vaut bien un maillot jaune!

Et les chapitres se succèdent, ponctuant les saisons et l’évolution de la vigne: la Saint-Vincent la Quinte-Essence la fleur, les Vendanges, sans oublier le chapitre de Diane et les chapitres célèbres hors de France, en terre oenologiquement infidèle.

Les qualités de c’ur étant aussi rabelaisiennes que celles de l’esprit, les Bons Entonneurs portent bien leur nom. Leurs aides aux sociétés caritatives et aux grandes causes humanitaires sont connues, que ce soit en direction de la Croix-Rouge, de la Fédération de Cardiologie, des dons d’organes, des handicapés, que vers le Tiers-Monde, comme la construction d’une classe au Burkina-Faso, etc.

On dit que le vin de Chinon est connu depuis la plus haute antiquité et, depuis ce temps reculé, son vignoble s’étend sur les deux rives de la Vienne, bien qu’il figure au générique des vins du Val de Loire, mais comme la Vienne se jette dans la Loire, il n’y a rien a redire à propos de cette double appartenance.

Sur la rive gauche, ce vignoble paisible comprend les communes de Chinon, Anché, Cinais, La Devinière louée soit-elle, l’Ile-Bouchard, Rivière, La Roche-Clermault, Sazilly, Ligré, et Tavant; et sur la rive droite : Avoine, Avon-les-Roches, Beaumont, Chinon, Cravant, Crouzilles, Huismes, Panzoult, et Savigny.

Au total 2 000 ha avec des sols variés qui vont du calcaire aux graves.

La plus grande partie 98% est plantée en cépage cabernet franc et le reste 2% en cabernet sauvignon.

Selon les années, ce sont entre 80 et 100 000 hl récoltés en Rabelaisie. Ce vin se boit jeune vin de Pâques quand il provient surtout des graviers sableux mais il peut vieillir si un certain nombre de paramètres sont respectés : provenance de sols argilo-calcaire, valeur du millésime, talent du vigneron et qualité de la cave.

Dans les deux cas, le Chinon reste un vin noble, équilibré, agréable à la bouche, joyeux à l’esprit et doux aux viscères, qui ressemble étrangement à la province qui le voit naître et grandir, cette Touraine, terre d’équilibre et de diversité qui a vu s’exprimer à la fois Descartes et Balzac, Rabelais et Bergson, chronologie et thématique à part.

Peut-être, comme l’a dit Jules Romains, que c’est un vin pour intellectuel. Mais fabrique, élaboré, devrait-on dire, par des vignerons, c’est surtout avant toutes choses le vin de l’âme plutôt que celui des neurones, le vin de la convivialité plus que celui des comptoirs solitaires, en un mot :

Le vin de la douceur de vivre.
Jean Chédaille Grand Reporter à la Nouvelle République du Centre – Ouest

Un mot sur l’auteur :

Pierre Marchesseau

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