Foie gras

foie gras

FOIE GRAS – HISTOIRE

Tout au long des siècles, ce produit tant estimé sur nos tables et en nos assiettes, à fait les délices de palais célèbres ou anonymes. Mais voyons comment les hommes du passé nous ont laissé des traces écrites et graphiques de ce fabuleux met.

Avant d’aller plus loin, notons que l’engraissage des oies et canards corresponds à une observation:

c’est en s’engraissant eux-même, avant leur migration que ces oiseaux trouvent la force d’accomplir leurs longs périples migratoires.

Passons maintenant à l’Histoire.

Au plus loin de la mémoire, nous trouvons des éléments de réponse dans l’Egypte ancienne, soit environ 2500 ans avant J.-C.

c’est bien dans une tombe de la cinquième dynastie que l’on trouve une ornementation représentant un troupeau d’oie, mais aussi des serviteurs préparant des boulettes dont les oies viennent se délecter avant d’aller boire….. Voila une représentation de l’engraissage.

Nous n’avons pas par leurs textes, l’appréciation qu’ils avaient sur le foie gras, mais des représentations de tables, montre des oies au repas, signifiant qu’ils en mangeaient.

Chez les égyptiens, l’oie est sacrée, elle est l’âme du Pharaon. Elle est l’intermédiaire entre notre monde et le monde de la vie éternelle.

Nous supposons également que les juifs dans leur errance après leur sortie d’Egypte, emmenèrent avec eux cette technique qui réapparut partout ou ils s’installèrent.

Chez les grecs anciens, nous trouvons également des textes se rapportant au foie gras. Les textes illustres de Pline l’ancien et Athénée sont de ceux-là.

Athenée dans son Banquet des savants (Tome III, p. 430-431-432 et Tome V, p. 329) Traduction Lefebvre de Villebrune, à l’imprimerie de Monsieur (il s’agit ici du roi), 1798 : « Comme on servoit à la ronde ces oies et plusieurs autres appêtées avec beaucoup de recherche, quelqu’un dit : Oh ce sont des oies siteutoi, engraissées.

Aussitot Ulpien demande en quel auteur on avoit jamais lu une oie sitetos, engraissée

Plutarque réponds : Théopompe de Chio, rapporte dans ses Histoires grecques et dans la treizième des ses Philipiques, qu’Agésilaüs de Lacédemone étant allé en Egypte, les habitans lui envoyèrent des oies et des veaux siteutes.

Epigène le comique dit dans ses Bacchantes :

-« Oh ! si quelqu’un me prenoit pour me nourrir comme une oie qu’on engraisse, siteute. »

Mais, pour toi Ulpien, qui nous interroges à tout ce qui paroît, tu ne peux refuser de nous dire en quel passage des anciens il est fait mention de ses somptueux foie d’oie…. »

Et Dans Homere, on lit : « J?ai à la maison vingt oies qui y mangent du froment écrasé dans l’eau ».

A l’époque de Rome, le foie gras est un met des plus prisé dont en voici la définition selon le Dictionnaire universel de cuisine de j. Favre (fin XIXe siècle):

Foie ( Jecur ficatum). Dans Horace on lit :

« Pinguibus et ficis pastum jecur anseris albi » : foie d’oie engraissée avec des figues.

Horace dit également que le citoyen Mazidienus offrit à Mécène un foie engraissé avec des figues.

Nos cuisiniers contemporains ont essayé de gaver des oies et canards avec des figues, mais le gout n’est pas adapté au nôtre.

Dans son traité de cuisine romaine, De re culinaria, Coelius Apicius, (1498 et suivantes) nous donne la recette suivante :

« Emincer le foies gras avec un roseau, faites le tremper avec du garum. Pilez du poivre, de la livèche et deux baies de laurier. Entourez d’une crépine, faites griller au au gril et servez ».

Le Garum selon Apicius devait remplacer le sel. Le garum est une sorte de sauce, faite a partir d’intestins de maquereaux macérés dans du sel puis séchés au soleil.

Il devrai ressembler au nioc-mam chinois.

Le Larousse gastronomique dit : Il est généralement admis que ce condiment n’est autre chose que la saumure que l’on obtenait en salant des poissons marins, des scombres ou maquereaux surtout, et en les pressant pour en extraire le jus. Le plus réputé qui était obtenu avec le scombre, s’appelait le garum nigrum. On le mettait dans des petits pots comme l’on fait actuellement pour la moutarde, et chaque convive l’accomodait à sa façon, l’un avec du vinaigre (oenogarum), un autre avec de l’eau (hydrogarum), un autre avec de l’huile (oléogarum). Le garum Pipératum était comme son nom l’indique, fortement poivré.

C’est du livre d’Apicius que sont sortis tous les livres de cuisine connus.

les Dons de Comus, de Christian Marin
(1739)

La Varenne
Nouveau Cuisinier François
ou Ecole des Ragoûts
(1727)

La basse cour – Estienne
Menon
La Nouvelle cuisinière bourgeoise
1746

Beauvilliers
Art du cuisinier (1824)

Les siècles suivants n’ont pas « oubliés » cette tradition contrairement à ce que l’on a pu croire pendant longtemps. Nous en trouvons des traces tout au long des siècles.

Il semblerai qu’en Aquitaine, au IVe siècle, l’élevage de l’oie et du canard, M.L Cazamayou, dans son livre « Célébration du foie gras », nous y révèle l’existence d’une fête aux temps des migrations de nos chers volatiles appelée « guit de Saint-Grat » (guit, dans le Béarn, désignant le canard).

Elle nous dit également qu’Alaric II, faisait du foie gras son ordinaire.

De son livre nous apprenons l’existence de sculptures du XIIe siècle représentant des troupeaux d’oies et de saignées de canard.

c’est vers le milieu du XVe siècle qu’apparaît le maïs en France. Et, nul doute que par la suite, les oies et canards furent gavés avec ce grain depuis cette époque.

Au XVIe siècle, Bartolomeo Scappi, cuisinier du pape Pie V pendant une trentaine d’année, signale dans son Opera di Scappi evoco secreto di papa Pio V (1570), l’existence dans la cuisine juive de foie gras rôti. Il est surpris de voir des foies de 3 à 4 livres ( la livre romaine faisant 1k2 environ ), très délicats à cuire et à maintenir sur la broche parce qu’ils fondent.

Marx Rumpolt écrivit dans son livre de cuisine édité en 1581 : « j?ai roti le foie d’une oie que les juifs de Bohème engraissent, qui pesait un peu plus de trois livres. On peut en faire une purée ». Nous retrouvons ici le foie « rôti » dont parle Bartolomeo Scappi.

Dans l’Est de la France, la communauté juive fait recettes de foies gras et pâtés en croûte avec de nombreux épices, jusqu’à 12 et 15 épices, coriandre, muscade, clou de girofle, etc… et ceci dès le XVIe siècle.

Charles Estienne et Jean Liebault dans l’Agriculture et la Maison rustique (1ere édition en 1564) disent comment faire grossir les foies d’oies, très certainement en reprenant les indications des agronomes latins.

Olivier de Serres dans son Théâtre de l’agriculture et mesnage des champs de 1600, parle de la tradition gasconne de l’engraissage des oies.

La Varenne dans son Nouveau Cuisinier François ou Ecole des Ragoûts (1727), transmet quelques recettes de foie gras d’oyes.

En 1750, la recette du « pâté » de Périgueux est dévoilée dans le « Dictionnaire des aliments du chef de cuisine du prince de… ». Voir l’« Histoire du foie gras » d’Henri Deffarges.

c’est ainsi que dans les années suivantes nous retrouvons des recettes de plus en plus évoluées de foie gras dans de nombreux livres de cuisine, comme dans les Dons de Comus, de Christian Marin (1739) . Foyes gras en coquille, foyes aux fines herbes, foyes gras à la poële, Foyes gras en surprise ou en crépine, rôties de foyes gras, ragoût de foyes gras, foyes gras en hatelettes. Et le fameux foyes gras à la broche ! ( Recettes de Christian Marin )

Menon nous donne des recettes de foie gras de poulets, de poulardes, de chapons, voir de dindons dans sa Cuisinière Bourgeoise de 1746 (édition originale)

Beauvilliers, également dans son Art du cuisinier (1824).

Au XVIIIe siècle, quelques voix s’élèvent pour revendiquer la paternité du foie gras en Alsace et en Béarn.

Quelques voyageurs comme Arthur Young, en 1787, dans son voyage en France, conte les mets français y compris le foie gras.

Au XIXe siècle, une invention vient transformer l’usage du foie gras.

Nicolas Appert, suite à un concours initié par Napoléon, ayant pour objet la conservation des aliments de ses armées, découvre l’invention de la conserve ou « appertisation ».

c’est dans son livre « Le livre de tous les ménages ou l’art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales » parut en 1810, que la conserve de toutes viandes est encouragée. Depuis lors, votre foie gras arrive universellement sur vos tables sous forme de boites ou de bocaux.

Brillat-Savarin fait multiples références du foie gras de Strasbourg dans les recettes présentées dans la « Physiologie du goût » (1826).

Viennent ensuite toutes les utilisations faites par nos grands cuisiniers du XIXe à nos jours.

Dindons

Dindons

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DINDONS – HISTOIRE

Etymologie: Le nom scientifique du dindon est Meleagris gallopavo ou méléagride gallinacé, du latin gallus signifiant coq, et pavo signifiant semblable au poulet. Meleagris est le nom romain pour pintade, ce qui explique la confusion originale du dindon avec la pintade.
Domestication du dindon: Le dindon domestique descend du dindon sauvage originaire du sud de l’Ontario, de certaines régions des É.-U., et du Mexique. Le dindon fut domestiqué par les Indiens d’Amérique au Mexique d’où il fut emporté en Europe par les conquistadores espagnols au début du 16e siècle. Dès 1524, le dindon avait pénétré en Angleterre, et dès 1558, il devint très recherché dans les banquets, tant en Angleterre que dans toute l’Europe. Quand les colons anglais vinrent en Amérique du Nord, ils y rapportèrent le dindon domestiqué et l’utilisèrent pour la reproduction par croisement avec des dindons sauvages originaires du pays.

D’où le dindon tire-t-il son nom?

L’une des hypothèses intéressantes est la formation phonétique avec l’onomatopée du cri du dindon sauvage “turk-turk-turk” (ndlr : Dans Astérix il fait “glou-glou”… et c’est plus joli !). Une autre explication serait qu’au 16e siècle, les marchands faisant commerce le long du littoral méditerranéen étaient appelés “Turkes”. Une théorie veut que Christophe Colomb pensait que le Nouveau Monde était relié à l’Inde et que les dindons étaient en fait des paons, et qu’il les appela “Tuka” qui signifie paon dans la langue tamil de l’Inde. En Espagne, comme en France, le dindon était souvent appelé poule d’Inde, d’où le nom “dinde” et “dindon” qui en découla.

Des faits sur la longue et intéressante histoire du dindon – La présence de fossiles a prouvé l’existence de dindons sur le continent américain il y a 10 millions d’années. Les Indiens d’Amérique chassaient le dindon sauvage pour sa chair tendre et délicate, à une époque aussi lointaine que l’an 1000 de notre ère. Les plumes de dindon étaient utilisées pour stabiliser les flèches et orner les costumes de cérémonie, et les ergots des pattes des dindons sauvages étaient utilisés comme projectiles à la pointe des flèches ndlr : vous vous êtes déjà pris une patte de dindon dans la figure ?. Le dindon sauvage bronzé doit voler pour survivre et peut parcourir près de 2 kilomètres en planant sans battre des ailes.

Folklore – Les Navajos racontent qu’un énorme dindon femelle: des comme ça j?en vois tous les jours! volait au-dessus de leurs champs, leur emportait du blé et leur démontrait comment cultiver leur récolte. Benjamin Franklin n’a pas été content lorsque l’aigle à tête blanche fut choisi contre sa proposition d’avoir le dindon d’origine native pour symbole national (ndlr : quel manque de goût M. Washington !). Il a dit que le dindon était un oiseau plus respectable et un vrai originaire natif de l’Amérique.

Comment le dindon s’est intégré aux festivités ?
En Angleterre, on célèbre la fête de la moisson depuis plusieurs années. On raconte que la Reine Elizabeth (ndlr: quand on parle du dindon !) s’était jointe aux troupes pour manger de l’oie rôtie lorsqu’on lui apporta la nouvelle que l’Armada espagnole avait coulée en route pour attaquer l’Angleterre. La Reine était tellement ravie qu’elle commanda une deuxième oie pour célébrer cette bonne nouvelle et donc l’oie est devenue l’oiseau le plus souvent dégusté lors des célébration en Angleterre. Lorsque les colons sont arrivés au nouveau monde, il ont continué de célébrer la fête de la moisson mais les oies se faisaient rares. Puisqu’il y avait beaucoup de dindons sauvages et qu’il était plus facile d’en trouver, ils ont substitué l’oie par du dindon rôti.

Comment le dindon est devenu l’oiseau de choix à l’occasion de Noël ?
Historiquement en Angleterre, les cygnes, les paons et les grues étaient rôties lors d’occasions spéciales. Charles Dickens semble-t-il a changé cette tradition. On raconte que l’idée de servir du dindon au souper de Noël est devenue populaire grâce à son récit intitulé “l’Histoire de Noël”.

Des faits sur la production
Les dindons femelles sont appelées dindes, les mâles, dindons, et les jeunes sont appelés dindonneaux. Le plus grand producteur mondial d’oeufs de dinde est Cuddy International Corporation à Strathroy, Ontario. Sur quatre dindons consommés, un provient d’un oeuf pondu dans cet établissement. Hybrid Turkeys Inc. de Kitchener, Ontario, est l’un des trois seuls éleveurs primaires de dindons dans le monde, et a une clientèle dans plus de 45 pays. La plupart des dindons élevés commercialement sont des White Hollands, qui ont un plumage tout blanc. Le dindon bronzé fut la principale race élevée au Canada jusqu’au milieu des années 60.

Gros dindon – Le “Guinness Book of Records” souligne que le plus gros poids pour un dindon farci est 39,09 kg (86 lb). La dernière compétition pour le plus gros dindon eut lieu à Londres, Angleterre, le 12 décembre 1989 (ndlr : qui a dit que c’est une anglaise qui a gagné ?).

Dindon, oiseau gallinacé originaire d’Amérique, caractérisé, à l’âge adulte, par une tête et un cou quasi dépourvus de plumes. Les dindons sont dotés d’un ergot, situé à l’extrémité du membre inférieur.

Au moment de la parade et dans les comportements d’agression, le mâle redresse les plumes de sa queue, les rectrices, pour former une roue. Comme tous les autres gallinacés, le dindon est polygame, et les mâles se battent entre eux pour conquérir les femelles. Le nid, composé de feuilles sèches et d’herbe, est dissimulé aux prédateurs. Les femelles pondent, à chaque couvée, entre neuf et dix-huit oeufs de couleur crème, mouchetés de roux. Toutes les espèces domestiques sont issues d’un dindon sauvage, originaire du Mexique et des forêts d’Amérique du Nord. Cette espèce sauvage est caractérisée par des plumes beiges situées à l’extrémité des ailes et de la queue. Le mâle porte des caroncules (excroissances de la peau) autour du cou, et une touffe de soies, ressemblant à une barbe, pend à sa poitrine. Au milieu du XXe siècle, une chasse trop intense et la destruction de son habitat ont failli entraîner la disparition du dindon sauvage. Aujourd’hui cependant, l’espèce a pratiquement retrouvé sa répartition d’origine. Le dindon sauvage a été introduit avec succès dans des îles du Pacifique et dans certaines régions d’Amérique du Nord. C’est au Mexique qu’il fut d’abord domestiqué, puis en Europe, au début du XVIe siècle. Depuis lors, les dindons font l’objet d’un élevage intense en raison de l’excellente qualité de leur chair et de leurs oeufs (voir Aviculture). Il existe une autre espèce sauvage, le dindon ocellé, originaire de la péninsule du Yucatán, dans le sud-est du Mexique. Ses rectrices sont parsemées d’ocelles bleu-vert et nuancées d’un violet chatoyant. Les plumes du corps sont dorées, avec des reflets bronze métallique. La peau de sa tête et de son cou est bleue, et recouverte de verrues rouges.

Classification : les dindons appartiennent à la famille des Phasianidés, de l’ordre des Galliformes. Ils sont parfois placés dans la sous-famille des Méléagrididés. Le dindon sauvage a pour nom d’espèce Meleagris gallopavo, et le dindon ocellé, Agriocharis ocellata.

DINDONS – SAVOIR ACHETER

Les dindons français ou étranger.

Les dindons étrangers. Les textes suivants sont extraits du livre “Le Traité Rustica de la Basse-Cour et du standard volailles édité par la F.F.V. : voir Les livres sur la basse-cour. Les dindons français. Le Noir de Sologne, il semble qu’en France son acclimatation et sa domestication aient surtout été entreprises dans des fermes du Centre, appartenant à des monastères, notamment dans les environs de Bourges. C’est sans doute de là que viendrait la race du dindon Noir de Sologne ” écrit A. Bellême, vers 1950. Le dindon Noir de Sologne était tellement connu que Louis Bréchemin La basse-cour productive , 1921 le nomme tout simplement Dindon Français.

Le Loiret, le Loir et Cher et le Cher sont les départements d’origine de ce dindon. Autrefois, on pouvait y voir des troupeaux de plusieurs centaines de sujets conduits par des enfants. Les dindons parcouraient ainsi les champs, les endroits couverts de broussailles et de landes, où ils trouvaient une grande partie de leur nourriture. Actuellement, cet élevage a fortement régressé. Cependant, les éleveurs amateurs sélectionneurs s’efforcent de maintenir cette race autrefois très appréciée pour la qualité de sa chair blanche et délicate.
En France, nous connaissons aussi plusieurs races régionales, plus ou moins rares, de dindons noirs (en plus du Noir de Sologne), qui se ressemblent beaucoup et dont le format et le type se sont forgés en fonction des conditions du milieu et de la sélection effectuée par les éleveurs : Noir du Gers, Noir du Bourbonnais, Noir de Bresse, Noir de Normandie. Pour être honnête, il faut avouer qu’il est parfois difficile de différencier ces variétés, dont certaines (Noir de Bresse, Noir de Normandie) n’ont pas de standard homologué. A noter aussi que le standard homologué du Noir du Gers, même si on peut le considérer comme une race ancienne, n’apparaît que dans l’édition 2000 du recueil des standards édités par la F.F.V. (Fédération Française des Volailles). Le dindon doit peser au minimum 8 kg et la dinde au minimum 5 kg. Le coloris du plumage est entièrement noir y compris les rémiges (un léger reflet bronzé est toléré au croupion).
Le Noir du Bourbonnais ressemble au Noir de Sologne, en plus élégant ; c’est un dindon vigoureux, au port fier, vif et fougueux. Le coloris du plumage est noir intense à reflets métalliques mais non bronzés (un léger reflet bronzé est toléré dans les plumes de couverture de la queue). Tarses noirs devenant plus clairs, voir rosés avec l’âge. Le dindon pèse de 10 à 12 kg et la dinde de 7 à 9 kg.
Le Noir de Normandie se distingue principalement du Noir de Sologne par son format plus réduit et ses tarses plus courts. C’est un oiseau trapu et vigoureux (qui était considéré autrefois comme le plus rustique des dindons) ; la dinde est une couveuse attentionnée. Autres caractéristiques : tarses noirs (mais rougissant avec l’âge), caroncules plus développées que celles du Noir de Sologne, plumage noir mat sans reflets bronzés. Son format plus réduit le fait paraître plus léger qu’il n’est en réalité : un mâle adulte pèse, quand même, de 10 à 12 kg. N’ayant pas de standard homologué, cette race n’existe pas ” officiellement “.
Le dindon Rouge des Ardennes est actuellement le plus populaire en France. Comme son nom l’indique, son plumage est d’une couleur fauve rouge, le plus uniforme possible, avec cependant des zones plus claires. Le dindon arrive facilement à 10 kg et la dinde à 6 ou 7 kg.
L’aire d’origine de cette variété est la région franco-belge des Ardennes. Ce dindon était pratiquement disparue il y a quelques années. Actuellement, il est de nouveau assez courant chez les éleveurs : son coloris original (par rapport au noir, au bronzé et au blanc) lui vaut son succès.
Adresse : Jean-Michel Devresse, ruelle de l’Eglise, 08380 Auge.
Tous ces textes sont extraits des ouvrages avicoles
Les dindons étrangers
Les textes suivants sont extraits du livre “Le Traité Rustica de la Basse-Cour” (Editions Rustica) et du standard volailles édité par la F.F.V. : voir Les livres sur la basse-cour

Bronzé d’Amérique
Les dindons blancs
Le dindon Bleu (dit de Suède)
Cröllwitzer
Les dindons noirs
de Ronquières
d’autres dindons

Bronzé d’Amérique

Le dindon Bronzé d’Amérique est issu directement du dindon sauvage d’Amérique et c’est celui dont le coloris rappelle le mieux son ancêtre sauvage. C’est aussi le plus gros des dindons domestiques : le mâle pèse de 10 à 15 kg, voire plus, tandis que la masse de la femelle oscille entre 6 et 8 kg. Ce volumineux d’in- don n’est pas un oiseau de grosse production, mais c’est un animal majestueux qui plait à de nombreux amateurs possédant un espace assez important. Ce n’est que dans la première moitié du 20ème siècle que les standards des dindons et l’appréciation des coloris se sont précisés.

Les dindons blancsLe dindon Bleu (dit de Suède)

Le dindon Bleu est un dindon “à la mode” en France actuellement. Ce coloris est signalé depuis très longtemps dans les basses-cours ; il demeure cependant encore assez peu répandu. La dénomination “de Suède” n’a probablement rien à voir avec le pays en question ; ce nom vient sans doute d’une époque à laquelle il était de bon ton de donner des noms “exotiques” aux races et variétés d’animaux ; elles avaient ainsi une plus- value pécuniaire.
Le coloris bleu est en réalité un gris. Sont admises deux nuances de bleu : le foncé et le clair régulier (quelques points noirs épars sont cependant tolérés) ; beaucoup d’éleveurs préfèrent le bleu foncé. Les tarses sont de couleur rougeâtre. La masse du dindon peut varier entre 6 et 8 kg (selon l’âge), et celle de la dinde entre 4 et 5 kg.
Aux Etats-Unis, il existe un dindon “Slate”, ce qui veut dire ardoisé, qui est très semblable à notre dindon bleu.

Cröllwitzer

Originaire de Cröllwitz en Saxe (Allemagne), ce dindon a été obtenu à partir du dindon belge de Ronquières croisé avec des dindes locales. C’est un dindon de taille moyenne : le mâle pèse de 6 à 8 kg et la femelle de 4 à 5 kg. Ses tarses sont de couleur chair à rouge.
Mais ce qui fait l’originalité de cette variété, c’est le coloris de son plumage. Voici sa description donnée par le standard de la Fédération française des volailles : cou blanc pur ; ensemble du plumage blanc ; chaque plume, à son extrémité, est distinctement marquée d’une barre noire transversale suivie d’un étroit liseré blanc. Chez le dindon, le motif de la poitrine apparaît un peu comme des écailles superposées. Chez la dinde, ces dessins sont moins nets et précis. Le dos, la couverture de la queue, les flancs portent des dessins plus prononcés. Plumes de la queue marquées d’une barre transversale noire et d’un liseré blanc. Rémiges secondaires blanches. Rémiges primaires gris noirâtre, tige de la plume blanche.

Les dindons noirs

Si beaucoup de régions françaises ont leur dindon spécifique, il en est de même pour de nombreux pays étrangers. Citons les plus connus. En Allemagne et en Suisse, est admis un dindon noir pesant de 10 à 12 kg pour le mâle adulte (8 à 10 kg pour le jeune), 6 à 7 kg pour la femelle adulte (5 à 6 kg pour la jeune), présentant un plumage noir brillant comme du velours, sous-plumage noir ; le brillant bronzé dans le liseré des plumes du dos et de la queue est admis ; tarses noirs, rougetres ou violacés chez les sujets âgés. Aux Etats-Unis, les sujets doivent être très légèrement plus lourds.
Le Noir de Norfolk
En Angleterre, on élève le Noir de Norfolk : bec, pattes et yeux noirs, plumage noir intense. Le mâle adulte pèse 11 kg et la femelle adulte de 6 à 7 kg (les jeunes sont plus légers). C’était autrefois la race la plus connue d’Angleterre : la région de Norfolk s’adonnait à l’élevage du dindon sur une grande échelle.
Le Noir d’Italie
Le dindon Noir d’Italie est un très petit dindon : le mâle pèse entre 4 et 6 kg tandis que la femelle ne dépasse pas de 2,5 à 3,5 kg.

de Ronquières

C’est la seule race de dindon belge (avec la race franco-belge Rouge des Ardennes), mais il en existe de nombreuses variétés. Ronquières est située à 25 km de Bruxelles : dans cette localité et sa région, on élève des dindons depuis le 18ème siècle. Le Ronquières est issu des dindons rustiques du pays avec des couleurs délavées typiques. Le dindon est apparu dans les Pays-Bas méridionaux au 16ème siècle : ce dindon a donc figuré parmi les toutes premières importations des dindons d’Amérique via l’Espagne.
Vers 1800, l’élevage était très prospère : il n’était pas rare de rencontrer des troupeaux de 500 dindons. Les marchands français venaient chaque année, vers le 1er octobre, pour acheter tout ce qui était disponible. Mais ils abandonnèrent ce commerce, et vers 1900, note F. Vanbuggenhoudt, “cet élevage autrefois si prospère est devenu presque nul et est tombé en désuétude” et “ce n’est plus guère que pour les prix de tir à l’arc qu’on achète des dindons !” La taille des troupeaux était alors de 150 à 175 sujets.
Sa taille place le Ronquières à la limite entre les races moyennes et petites : en effet, le dindon adulte pèse de 8 à 9 kg (le jeune de 5 à 6 kg), la dinde adulte 4,5 kg (la jeune 3,5 kg).
Le standard belge précise que cette race compte de nombreuses variétés, lesquelles présentent cependant (excepté le Ronquières blanc) des caractères communs que voici :
– absence quasi totale de la couleur bronzée ; fond gris mat, brun, roux, fauve ou blanc ; s’il y a reflet, c’est alors un reflet vert, bleu ou pourpre plutôt que bronzé ;
-tendance aux couvertures multiliserées et aux tachetures ou rayures sur les barbes internes des rectrices, des rémiges secondaires et des grandes couvertures des ailes ;
– liseré noir subterminal depuis le camail jusqu’au croupion (cela signifie qu’un liseré blanc suit la bande transversale noire) ;
– rémiges primaires assez monochromes, avec des rayures et un tiquetage noir ou gris foncé, de sorte qu’elles sont plus foncées que les secondaires ; sans stries transversales blanches ; hampe blanchâtre ou pâle ;
– rectrices plutôt pâles, avec un large liseré subterminal plus foncé.
A ajouter à cette description sommaire : yeux à iris brun, paraissant foncés, bec de teinte blanc d’os, pinceau noir, tarses blancs (rosé admis).
d’autres dindons

Les dindons décrits ci-dessous sont très rares en France, pour ne pas dire inconnus.

Le dindon rouge dit Bourbon
Originaire d’Amérique, le dindon rouge dit Bourbon pèse, adulte, de 10 à 12 kg, la dinde de 6 à 7 kg. Ses tarses sont rouge rosé. L’ensemble du plumage est brun rougeâtre soutenu, chaque plume (sauf celles du cou) se terminant par un étroit liser? noir. Cependant, les rémiges sont blanches. La queue est également blanche, mais porte à son extrémité une barre transversale rouge liserée de blanc.
Le dindon Rouge
Le dindon Rouge est un oiseau plus petit (dindon de 7 à 8 kg et dinde de 4 à 5 kg) et plus rouge que le précédent : la présence de blanc n’est tolérée dans le plumage que sur les pointes des rémiges.
Le dindon à ailes noires
Ce dindon est aussi gros que le Bronzé d’Amérique. Sa couleur de fond est noire avec des zones bronzées, dorées ou vert brillant. Comme son nom l’indique, ce dindon possède des ailes noires ; cependant, chaque rémige secondaire possède, à son extrémité, un large liseré blanc.
Le dindon à ailes rouges
Cet oiseau pèse de 10 à 12 kg (adulte), la dinde de 5 à 7 kg. La couleur dominante du plumage est brun cuir, avec diverses zones et dessins d’autres couleurs (souvent foncées) ; les rémiges secondaires sont rouille intense, finement poivrées.
Le dindon Ardoise ou Slate
Originaire des Etats-Unis, le dindon Ardoisé ou Slate n’a jamais été une variété très populaire chez les éleveurs et est actuellement considéré comme pratiquement éteint (d’après Oklahoma State University Board of Regents, novembre 1996). Son coloris est bleu ardoise, par- fois pointillé de noir.
Le dindon Cuivré
Le dindon Cuivré n’est pas un gros dindon. Il pèse entre 7 et 8 kg pour le mâle et de 4 à 5 kg pour la femelle. Son plumage est d’un coloris cuivré chatoyant et brillant qui doit être aussi uniforme que possible.
Le dindon Fauve
Aussi dénommé Jaune ou Beige, ce dindon pèse de 7 à 8 kg (mâle) ou 4 à 5 kg (femelle).Le coloris du plumage de ce dindon est fauve ocre soutenu.(photo ci-contre)
Le dindon de Narragansett
Ce dindon est originaire de la baie du même nom dans le Rhode Island aux Etats-Unis. Modérément volumineux, cet oiseau passe souvent pour le plus hardi et le plus coureur des dindons.

Bécasse

Bécasse

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BECASSE – HISTOIRE

La reine des reines………

Guy de Maupassant: Les bécasses. 1885,
Ma chère amie, vous me demandez pourquoi je ne rentre pas à Paris ; vous vous étonnez, et vous vous fâchez presque. La raison que je vais vous donner va, sans doute, vous révolter : Est-ce qu’un chasseur rentre à Paris au moment du passage des bécasses ?
Certes, je comprends et j’aime assez cette vie de la ville, qui va de la chambre au trottoir ; mais je préfère la vie libre, la rude vie d’automne du chasseur. A Paris, il me semble que je ne suis jamais dehors ; car les rues ne sont, en somme, que de grands appartements communs, et sans plafond. Est-on à l’air, entre deux murs, les pieds sur des pavés de bois ou de pierre, le regard borné partout par des bâtiments, sans aucun horizon de verdure, de plaines ou de bois ? Des milliers de voisins vous coudoient, vous poussent, vous saluent et vous parlent ; et le fait de recevoir de l’eau sur un parapluie quand il pleut ne suffit pas à me donner l’impression, la sensation de l’espace.

Ici, je perçois bien nettement, et délicieusement la différence du dedans et du dehors… Mais ce n’est pas de cela que je veux vous parler…
Donc les bécasses passent.
Il faut vous dire que j’habite une grande maison normande, dans une vallée, auprès d’une petite rivière, et que je chasse presque tous les jours.
Les autres jours, je lis; je lis même des choses que les hommes de Paris n’ont pas le temps de connaître, des choses très sérieuses, très profondes, très curieuses, écrites par un brave savant de génie, un étranger qui a passé toute sa vie à étudier la même question et a observé les mêmes faits relatifs à l’influence du fonctionnement de nos organes sur notre intelligence. Mais je veux vous parler des bécasses. Donc mes deux amis, les frères d’Orgemol et moi, nous restons ici pendant la saison de chasse, en attendant les premiers froids. Puis, dès qu’il gèle, nous partons pour leur ferme de Cannetot près de Fécamp, parce qu’il y a là un petit bois délicieux, un petit bois divin, où viennent loger toutes les bécasses qui passent.
Vous connaissez les d’Orgemol, ces deux géants, ces deux Normands des premiers temps, ces deux mâles de la vieille et puissante race de conquérants qui envahit la France, prit et garda l’Angleterre, s’établit sur toutes les côtes du vieux monde, éleva des villes partout, passa comme un flot sur la Sicile en y créant un art admirable, battit tous les rois, pilla les plus fières cités, roula les papes dans leurs ruses de prêtres et les joua, plus madrés que ces pontifes italiens, et surtout laissa des enfants dans tous les lits de la terre. Les d’Orgemol sont deux Normands timbrés au meilleur titre, ils ont tout des Normands, la voix, l’accent, l’esprit, les cheveux blonds et les yeux couleur de la mer.
Quand nous sommes ensemble, nous parlons patois, nous vivons, pensons, agissons en Normands, nous devenons des Normands terriens plus paysans que nos fermiers. Or, depuis quinze jours, nous attendions les bécasses. Chaque matin l’aîné, Simon, me disait: – Hé, v’là l’ vent qui passe à l’est, y va geler. Dans deux jours, elles viendront.
Le cadet, Gaspard, plus précis, attendait que la gelée fût venue pour l’annoncer. Or, jeudi dernier, il entra dans ma chambre dès l’aurore en criant :
– Ça y est, la terre est toute blanche. Deux jours comme ça et nous allons à Cannetot. Deux jours plus tard, en effet, nous partions pour Cannetot. Certes, vous auriez ri en nous voyant. Nous nous déplaçons dans une étrange voiture de chasse que mon père fit construire autrefois. Construire est le seul mot que je puisse employer en parlant de ce monument voyageur, ou plutôt de ce tremblement de terre roulant. Il y a de tout là dedans: caisses pour les provisions, caisses pour les armes, caisses pour les malles, caisses à claire-voie pour les chiens. Tout y est à l’abri, excepté les hommes, perchés sur des banquettes à balustrades, hautes comme un troisième étage et portées par quatre roues gigantesques. On parvient là-dessus comme on peut, en se servant des pieds, des mains et même des dents à l’occasion, car aucun marchepied ne donne accès sur cet édifice.
Donc, les deux d’Orgemol et moi nous escaladons cette montagne, en des accoutrements de Lapons. Nous sommes vêtus de peaux de mouton, nous portons des bas de laine énormes par-dessus nos pantalons, et des guêtres par-dessus nos bas de laine ; nous avons des coiffures en fourrure noire et des gants en fourrure blanche. Quand nous sommes installés, Jean, mon domestique, nous jette nos trois bassets, Pif, Paf et Moustache. Pif appartient à Simon, Paf à Gaspard et Moustache à moi. On dirait trois petits crocodiles à poil. Ils sont longs, bas, crochus, avec des pattes torses, et tellement velus qu’ils ont l’air de broussailles jaunes. A peine voit-on leurs yeux noirs sous leurs sourcils, et leurs crocs blancs sous leurs barbes. Jamais on ne les enferme dans les chenils roulants de la voiture. Chacun de nous garde le sien sous ses pieds pour avoir chaud. Et nous voilà partis, secoués abominablement. Il gelait, il gelait ferme. Nous étions content. Vers cinq heures nous arrivions. Le fermier, maître Picot, nous attendait devant la porte. C’est aussi un gaillard, pas grand, mais rond, trapu, vigoureux comme un dogue, rusé comme un renard, toujours souriant, toujours content et sachant faire argent de tout. C’est grande fête pour lui, au moment des bécasses. La ferme est vaste, un vieux bâtiment dans une cour à pommiers, entourée de quatre rangs de hêtres qui bataillent toute l’année contre le vent de mer. Nous entrons dans la cuisine où flambe un beau feu en notre honneur.
Notre table est mise tout contre la haute cheminée où tourne et cuit, devant la flamme claire, un gros poulet dont le jus coule dans un plat de terre.
La fermière alors nous salue, une grande femme muette, très polie, tout occupée des soins de la maison, la tête pleine d’affaires et de chiffres, prix des grains, des volailles, des moutons, des boeufs. C’est une femme d’ordre, rangée et sévère, connue à sa valeur dans les environs. Au fond de la cuisine s’étend la grande table où viendront s’asseoir tout à l’heure les valets de tout ordre, charretiers, laboureurs, goujats, filles de ferme, bergers; et tous ces gens mangeront en silence sous l’oeil actif de la maîtresse, en nous regardant dîner avec maître Picot, qui dira des blagues pour rire. Puis, quand tout son personnel sera repu, madame Picot prendra, seule, son repas rapide et frugal sur un coin de table, en surveillant la servante.
Aux jours ordinaires elle dîne avec tout son monde. Nous couchons tous les trois, les d’Orgemol et moi, dans une chambre blanche, toute nue, peinte à la chaux, et qui contient seulement nos trois lits, trois chaises et trois cuvettes. Gaspard s’éveille toujours le premier, et sonne une diane retentissante. En une demi-heure tout le monde est prêt et on part avec maître Picot qui chasse avec nous.
Maître Picot me préfère à ses maîtres. Pourquoi ? sans doute parce que je ne suis pas son maître. Donc nous voilà tous les deux qui gagnons le bois par la droite, tandis que les deux frères vont attaquer par la gauche. Simon a la direction des chiens qu’il traîne, tous les trois attachés au bout d’une corde.
Car nous ne chassons pas la bécasse, mais le lapin. Nous sommes convaincus qu’il ne faut pas chercher la bécasse, mais la trouver. On tombe dessus et on la tue, voilà. Quand on veut spécialement en rencontrer, on ne les pince jamais. C’est vraiment une chose belle et curieuse que d’entendre dans l’air frais du matin, la détonation brève du fusil, puis la voix formidable de Gaspard emplir l’horizon et hurler: “Bécasse. – Elle y est.”
Moi je suis sournois. Quand j’ai tué une bécasse, je crie: “Lapin !” Et je triomphe avec excès lorsqu’on sort les pièces du carnier, au déjeuner de midi.
Donc nous voilà, maître Picot et moi, dans le petit bois dont les feuilles tombent avec un murmure doux et continu, un murmure sec, un peu triste, elles sont mortes. Il fait froid, un froid léger qui pique les yeux, le nez et les oreilles, et qui a poudré d’une fine mousse blanche le bout des herbes et la terre brune des labourés. Mais on a chaud tout le long des membres, sous la grosse peau de mouton. Le soleil est gai dans l’air bleu, il ne chauffe guère, mais il est gai. Il fait bon chasser au bois par les frais matins d’hiver. Là-bas, un chien jette un aboiement aigu. C’est Pif. Je connais sa voix frêle. Puis, plus rien. Voilà un autre cri, puis un autre ; et Paf à son tour donne de la gueule. Que fait donc Moustache? Ah! le voilà qui piaule comme une poule qu’on étrangle! Ils ont levé un lapin. Attention, maître Picot !
Ils s’éloignent, se rapprochent, s’écartent encore, puis reviennent ; nous suivons leurs allées imprévues, en courant dans les petits chemins, l’esprit en éveil, le doigt sur la gâchette du fusil. Ils remontent vers la plaine, nous remontons aussi. Soudain, une tache grise, une ombre traverse le sentier. J’épaule et je tire. La fumée légère s’envole dans l’air bleu, et j’aperçois sur l’herbe une pincée de poil blanc qui remue. Alors je hurle de toute ma force: “Lapin, lapin.- Il y est !” Et je le montre aux trois chiens, aux trois crocodiles velus qui me félicitent en remuant la queue ; puis s’en vont en chercher un autre.
Maître Picot m’avait rejoint. Moustache se remit à japper. Le fermier dit :
– Ça pourrait bien être un lièvre, allons au bord de la plaine.
Mais au moment où je sortais du bois, j’aperçus, debout, à dix pas de moi, enveloppé dans son immense manteau jaunâtre, coiffé d’un bonnet de laine, et tricotant toujours un bas, comme font les bergers chez nous, le pâtre de maître Picot, Gargan, le muet. Je lui dis, selon l’usage:
– Bonjour, pasteur. Et il leva la main pour me saluer, bien qu’il n’eût pas entendu ma voix ; mais il avait vu le mouvement de mes lèvres. Depuis quinze ans je le connaissais, ce berger. Depuis quinze ans je le voyais chaque automne, debout au bord ou au milieu d’un champ, le corps immobile, et ses mains tricotant toujours. Son troupeau le suivait comme une meute, semblait obéir à son oeil.
Maître Picot me serra le bras:
– Vous savez que le berger a tué sa femme. Je fus stupéfait :
– Gargan ? Le sourd-muet ?
– Oui, cet hiver, et il a été jugé à Rouen. Je vas vous conter ça.
Et il m’entraîna dans le taillis, car le pasteur savait cueillir les mots sur la bouche de son maître comme s’il les eût entendus. Il ne comprenait que lui ; mais, en face de lui, il n’était plus sourd; et le maître, par contre, devinait comme un sorcier toutes les intentions de la pantomime du muet, tous les gestes de ses doigts, les plis de ses joues et le reflets de ses yeux.
Voici cette simple histoire, sombre fait divers, comme il s’en passe aux champs, quelquefois. Gargan était fils d’un marneux, d’un de ces hommes qui descendent dans les marnières pour extraire cette sorte de pierre molle, blanche et fondante, qu’on sème sur les terres. Sourd-muet de naissance, on l’avait élevé à garder des vaches le long des fossés des routes.
Puis, recueilli par le père de Picot, il était devenu berger de la ferme. C’était un excellent berger, dévoué, probe, et qui savait replacer les membres démis, bien que personne ne lui eût jamais rien appris. Quand Picot prit la ferme à son tour, Gargan avait trente ans et en paraissait quarante. Il était haut, maigre et barbu, barbu comme un patriarche. Or, vers cette époque, une bonne femme du pays, très pauvre, la Martel, mourut, laissant une fillette de quinze ans, qu’on appelait la Goutte à cause de son amour immodéré pour l’eau-de-vie. Picot recueillit cette guenilleuse et l’employa à de menues besognes, la nourrissant sans la payer, en échange de son travail. Elle couchait sous la grange, dans l’étable ou dans l’écurie, sur la paille ou sur le fumier, quelque part, n’importe où, car on ne donne pas un lit à ces va-nu-pieds. Elle couchait donc n’importe où, avec n’importe qui, peut-être avec le charretier ou le goujat. Mais il arriva que, bientôt, elle s’adonna avec le sourd et s’accoupla avec lui d’une façon continue. Comment s’unirent ces deux misères ? Comment se comprirent-elles ? Avait-il jamais connu une femme avant cette rôdeuse de granges, lui qui n’avait jamais causé avec personne ? Est-ce elle qui le fut trouver dans sa hutte roulante, et qui le séduisit, Eve d’ornière, au bord d’un chemin ? On ne sait pas. On sut seulement, un jour, qu’ils vivaient ensemble comme mari et femme. Personne ne s’en étonna. Et Picot trouva même cet accouplement naturel. Mais voilà que le curé apprit cette union sans messe et se fâcha. Il fit des reproches à madame Picot, inquiéta sa conscience, la menaça de châtiments mystérieux. Que faire ? C’était bien simple. On allait les marier à l’église et à la mairie. Ils n’avaient rien ni l’un ni l’autre: lui, pas une culotte entière; elle, pas un jupon d’une seule pièce. Donc, rien ne s’opposait à ce que la loi et la religion fussent satisfaites. On les unit, en une heure, devant maire et curé, et on crut tout réglé pour le mieux. Mais voilà que, bientôt, ce fut un jeu dans le pays, pardon pour ce vilain mot !) de faire cocu ce pauvre Gargan. Avant qu’il fût marié, personne ne songeait à coucher avec la Goutte ; et, maintenant, chacun voulait son tour, histoire de rire. Tout le monde y passait pour un petit verre, derrière le dos du mari. L’aventure fit même tant de bruit aux environs qu’il vint des messieurs de Goderville pour voir ça. Moyennant un demi-litre, la Goutte leur donnait le spectacle avec n’importe qui, dans un fossé, derrière un mur, tandis qu’on apercevait, en même temps, la silhouette immobile de Gargan, tricotant un bas à cent pas de là et suivi de son troupeau bêlant. Et on riait à s’en rendre malade dans tous les cafés de la contrée ; on ne parlait que de ça, le soir, devant le feu ; on s’abordait sur les routes en se demandant : “As-tu payé la goutte à la Goutte ?” On savait ce que cela voulait dire. Le berger ne semblait rien voir. Mais voilà qu’un jour, le gars Poirot, de Sasseville, appela d’un signe la femme à Gargan derrière une meule en lui laissant voir une bouteille pleine. Elle comprit et accourut en riant ; or, à peine étaient-ils occupés à leur besogne criminelle que le pâtre tomba sur eux comme s’il fût sorti d’un nuage. Poirot s’enfuit, à cloche-pied, la culotte sur les talons, tandis que le muet, avec des cris de bête, serrait la gorge de sa femme. Des gens accoururent qui travaillaient dans la plaine. Il était trop tard ; elle avait la langue noire, les yeux sortis de la tête ; du sang lui coulait par le nez. Elle était morte. Le berger fut jugé par le tribunal de Rouen. Comme il était muet, Picot lui servait d’interprète. Les détails de l’affaire amusèrent beaucoup l’auditoire. Mais le fermier n’avait qu’une idée: c’était de faire acquitter son pasteur, et il s’y prenait en malin. Il raconta d’abord toute l’histoire du sourd et celle de son mariage ; puis, quand il en vint au crime, il interrogea lui même l’assassin. Toute l’assistance était silencieuse. Picot prononçait avec lenteur: – Savais-tu qu’elle te trompait ? Et en même temps, il mimait sa question avec les yeux.
L’autre fit “non” de la tête.
– T’étais couché dans la meule quand tu l’as surpris ? Et il faisait le geste d’un homme qui aperçoit une chose dégoûtante. L’autre fit “oui” de la tête. Alors, le fermier, imitant les signes du maire qui marie, et du prêtre qui unit au nom de Dieu, demanda à son serviteur s’il avait tué sa femme parce qu’elle était liée à lui devant les hommes et devant le ciel. Le berger fit “oui” de la tête. Picot lui dit :
– Allons, montre comment c’est arrivé ?
Alors, le sourd mima lui-même toute la scène. Il montra qu’il dormait dans la meule ; qu’il s’était réveillé en sentant remuer la paille, qu’il avait regardé tout doucement, et qu’il avait vu la chose. Il s’était dressé, entre les deux gendarmes, et, brusquement, il imita le mouvement obscène du couple criminel enlacé devant lui. Un rire tumultueux s’éleva dans la salle, puis s’arrêta net ; car le berger, les yeux hagards, remuant sa mâchoire et sa grande barbe comme s’il eût mordu quelque chose, les bras tendus, la tête en avant, répétait l’action terrible du meurtrier qui étrangle un être.
Et il hurlait affreusement, tellement affolé de colère qu’il croyait la tenir encore et que les gendarmes furent obligés de le saisir et de l’asseoir de force pour le calmer. Un grand frisson d’angoisse courut dans l’assistance. Alors maître Picot, posant la main sur l’épaule de son serviteur, dit simplement : – Il a de l’honneur, cet homme-là. Et le berger fut acquitté.
Quant à moi, ma chère amie, j’écoutais, fort ému, la fin de cette aventure que je vous ai racontée en termes bien grossiers, pour ne rien changer au récit du fermier, quand un coup de fusil éclata au milieu du bois ; et la voix formidable de Gaspard gronda dans le vent comme un coup de canon.
– Bécasse. Elle y est.
Et voilà comment j’emploie mon temps à guetter des bécasses qui passent tandis que vous allez aussi voir passer au Bois les premières toilettes d’hiver.
20 octobre 1885

Présentation de la bécasse.

Classe: oiseaux
Ordre: caradriformes
Famille: scolopacides
Sous famille: scolopacines
Genre: scolopax
Espèce: scolopax rusticola
C’est le naturiste suédois Carl Von Linné appellé Linnéo qui en 1758 classa la bécasse de la souche euro-asiatique sous le nom de Scolopax rusticola. Etymologiquement ce nom vient de skolops pointu carctérisant le bec et de rusticola.
Morphologie: Le bec est la caractéristique principale de la bécasse, il mesure entre 6 et 8 cm et est environ deux tiers plus long que la tête, son extrémité est pourvue de papilles gustatives et tactiles.
Les yeux: La bécasse possède de grands yeux sombres situés à l’arrière de la tête. Par la caractéristique et la position de ses yeux elle possède un champ visuel de presque 360°, ce qui explique sa faculté à placer souvent entre elle et le chasseur ou le chien un obstacle comme l’arbre pour se protéger au moment de l’envol. Elle voit presque aussi bien la nuit que le jour.
L’ouïe: L’ouïe est très bien développée, les orifices auriculaires étant situés en dessous et un peu en avant des yeux, position utile pour détecter les vibrations des éventuelles proies dans le sol. Ces orifices sont protégés par le plumage.
Les pattes: Plutôt courtes, pourvues de trois doigts antérieurs celui du milieu étant plus long et d’un pouce postérieur assez court, leur couleur varie du gris au jaune rosé.
Les ailes: Elles sont longues et larges, avec 10 rémiges primaires et 16 secondaires. Une petite rémige primaire atrophiée la troisième appelée “plume du peintre”
La queue: Courte pouvant s’étaler en roue de couleur noire et blanche.
Poids: Il est assez variable allant de 200g à 500g.
Chant: On dit que la bécasse croule.
Le plumage: Il constitue la meilleure défense pour la bécasse car il s’adapte parfaitement aux couleurs qu’on trouve dans les sous-bois. Les couleurs avec de fortes variations individuelles donnent surtout dans les marrons tâchés de nuances et de mélanges de couleurs cendre, jaune rougeâtre, brun et noir dans le dos. Ce sont ces tons qui lui valent le surnom de “mordorée”.
L’âge: L’examen des trois premières rémiges longues permet de le connaître. Chez les sujets les plus jeunes elles paraissent plus usées que chez les sujets plus anciens.
Le sexe: On ne peut le déterminer que grâce à l’autopsie. En coupant dans la région abdominale droite et en soulevant l’intestin, on peut remarquer les testicules semblables à deux grains de riz, ou l’ovaire semblable à une grappe de petits grains.
L’alimentation de base est le lombric, la ration quotidienne d’une bécasse est d’environ 150g. Pour trouver sa nourriture elle utilise son odorat et son ouïe mais s’aide aussi d’un piétinement rythmique et alternatif. Ses menus sont composés de plusieurs autres invertébrés tels que les mouches, les coléoptères, les araignées, les colimaçons, les mille-pattes, en tout 70 espèces d’animaux et 32 groupes de végétaux. La bécasse avale aussi de petites pierres ou du sable pour aider sa digestion.

BECASSE – IDEES ACCOMPAGNEMENTS

Le roman d’une bécasse c’est une partition…

Voici le récit d’une vie de bécasse, proche de la réalité, grâce aux connaissances scientifiques et cynégétiques acquises sur cet oiseau et aux talents de Robert Del Pia (écrivain) et de François Lebert (artiste peintre), extrait de la revue Le Chasseur Français Oct. 2000. Une vie de migration, de croûle, de dangers et d’intimité sous les fourrés. Un véritable roman à la gloire de la mordorée.

Une vie de bécasse

Discrète jeunesse
Dans une forêt de Russie septentrionale, sous couverts de feuillus et résineux, une jeune bécasse vient de casser la coquille de son oeuf. Cette scène se déroule dans un nid au sol, sommairement aménagé de quelques branchettes, feuilles desséchées et d’un peu de mousse. Trois frères et soeurs sont nés avec elle. Nous sommes en début mai. Ces oisillons sont issus de la première couvée des femelles adultes revenues du grand Sud vers leur lieu de nidification.

Il fait encore très froid au sein de la vaste forêt et le neige est bien proche du nid. Un de ses frères, plus fragile meurt malgré la protection de la mère. Notre bécasseau, robuste et chanceux a survécu aux intempéries, échappant aux prédateurs mammifères et oiseaux friands de sa jeune chair. Durant les dix premiers jours elle et ses frères restent aux abords du nid, fragiles, peureux et vulnérables. La mère court à la recherche de lombrics, coléoptères, dyptères, lépidoptères afin d’apaiser l’appétit féroce des bécasseaux. Puis très vite, ces boules de plumes commencent à rechercher elles-mêmes leur pitance sous l’oeil attentif de la mère, qui les rappelle auprès d’elle par des “kr,kr…kr…” tout en simulant un grattage et un picorage au sol. L’appétit de la petite famille est surprenant. En trois semaines, notre petite bécasse consomme chaque jour son poids en lombrics. Les poussins ont maintenant grandi. Ils jouent parfois autour de leur protectrice, poursuivant un insecte, ou se disputant un ver que l’un d’eux a pu extirper du sol. La mère ne les quittent pas du regard, ravie de voir sa progéniture s’ébattre autour d’elle. A la moindre alerte, elle et ses frères se statufient, leur duvet et plumage se fondant dans la nature ambiante. La mère, afin de détourner l’attention de l’importun, prend alors un envol lourd et désordonné, telle une bécasse blessée. Si le danger est lointain, avant de prendre son essor, elle recouvre ses bécasseaux immobiles de feuilles desséchées, en se servant de ses ailes comme de plumeaux. Notre petite bécasse se souvient même d’une nuit où elle l’a transportée entre ses pattes jusqu’à 200m du nid pour la soustraire à un prédateur. A deux mois, elle ressemble déjà à un adulte et se sépare de sa mère ainsi que de ses frères et soeurs, conduisant une vie indépendante désormais. Sa mère rendue à sa liberté ira peut-être fonder une autre famille avant la fin juillet.

L’appel de la migration
Le début de l’automne apporte les premiers frimas. Les jours raccoucissent. La jeune bécasse ressent cet appel de la migration vers des contrées plus au sud, un impératif de survie pour l’espèce, en même temps qu’un phénomène glandulaire, thyroïdien et hypophysaire, à cette époque de l’année. Une nuit d’automne, elle s’éclipse vers ces pays guidée par son instinct! Elle fait partie d’un premier contingent. Les jeunes mâles vont suivre. Les adultes migreront plus tard, et les grosses femelles (380 à 400g) seront les dernières à quitter les lieux, pouvant résister jusqu’à des températures de -10°. Notre jeune bécasse vole seule ou parfois en compagnie de quelques congénères. Sur les cinq principales voies migratoires automnales elle prend celle que lui commande son instinct, en fonction de son lieu de naissance. Cet axe la conduit en Provence. La bécasse accomplit des étapes de 300 à 400km, à une vitesse de 60km/k environ, et à des altitudes variant de quelques dizaines à quelques centaines de mètres. Elle voyage souvent la nuit, mais également de jour. Elle rencontre bien des obstacles durant sa descente. Des brumes et des brouillards fréquents à cette époque contrarient la migration, obligeant parfois les oiseaux à se dérouter! Les tempêtes et la neige peuvent causer de lourdes pertes. Les bécasses se regroupent alors en bandes importantes comme pour mieux se soutenir. Les câbles à haute tension, les prédateurs qui à la halte guettent souvent les oiseaux fatigués et faibles, sont autant de pièges à éviter. Parfois, au terme d’une rude étape, l’absence de pluie a laissé un sol dur comme la pierre. Elle part alors chercher une place propice. Mais ne noircissons le tableau. Car notre jeunette connaît aussi d’agréables surprise, des lieux riches en nourriture et en eau, avec couvert sécurisant. Mais son instinct la pousse plus au sud, vers les rivages de la Méditerranée.

Bécasses bizarres

Au cours d’une vie de bécassier, il n’est pas rare de rencontrer des oiseaux d’exception, non pas seulement dans leur comportement, mais aussi dans quelques particularités morphologiques.

Certaines de ces anomalies ont une origine connue ou inconnue, d’autres sont le fait de l’intervention humaine par la chasse. Toujours est-il que le bécassier qui rencontre de tels individus ressent toujours une émotion intense. Ces bécasses là, ne s’oublient pas et ponctuent une carrière de façon saisissante..

Avant tout propos il faut rappeler ici les caractéristiques normales de l’oiseau, afin d’avoir un élément basique de comparaison :
Poids : entre 270 et 400 grammes et une moyenne de 320 grammes
Longueur du bec : entre 67 et 80 millimètres et une moyenne de 71 millimètres
Coloration du plumage : tendance générale brunâtre foncée à claire ou tendance générale grisâtre à noirâtre avec nuances d’accentuation ou de dilution, le tout bigarré, mélangé ou strié dans un ensemble décrit comme « mordoré ».
Il faut préciser que les fourchettes indiquées représentent des extrêmes acceptables de la norme et que la moyenne qui en découle serait plutôt le modèle idéal de l’espèce.

Les Anomalies morphologiques
Ce sont certainement les plus courantes et certaines restent inexpliquées, bien que des hypothèses soient émises, mais pas toujours satisfaisantes. Elles touchent la norme corporelle de l’oiseau classique. Les anomalies constatées sont bien entendu indépendantes de l’homme et de son intervention. Il s’agit essentiellement du volume corporel, que l’on peut appeler charpente (gigantisme ou nanisme), de l’adiposité (surcharge en graisse ou maigreur), de la longueur du bec (brévirostre ou hyper-longirostre), des nuances de pigmentation (extrême variation de la coloration du plumage), plus quelques autres anomalies que l’on qualifiera de curiosités.

La masse ou volume corporel
Il existe des grosses ou petites bécasses, à tel point que très longtemps, les auteurs ont décrit et ont cru à des sous espèces différentes, qualifiant les unes de « royales » « grosses grises » et les autres de « petites rousses » ou « rouges ».

En réalité, comme la logique du reste peut le laisser entendre, par analogie avec d’autres espèces dont la nôtre, les variations entre individus ne déterminent pas de classifications différentes, mais seulement des différenciations ou des similitudes d’ordre familiaux, comme il existe des grands et des petits, des gros et des maigres au sein d’un même groupe.
Ce point de vue est à nuancer dès lors qu’il s’agit d’adultes ou de juvéniles. Il est évident qu’une bécasse adulte, ayant atteint la plénitude de sa croissance, présentera un développement corporel supérieur à une juvénile.
Pour l’adiposité, la surcharge pondérale, l’accumulation des graisses, le problème se pose différemment? d’une part, le facteur de dérangement joue un rôle prépondérant. En effet, dans les pays où la bécasse est peu chassée, peu dérangée dans la journée, les oiseaux présentent une adiposité supérieure. Ils ont beaucoup de temps pour se nourrir, n’ayant pas à se défendre tout au long d’une journée.
Un autre facteur est à considérer et il vaut pour toutes les espèces animales. Plus on va vers le nord et l’est, plus les animaux présentent une augmentation du volume corporel. Sans doute pour mieux résister au rigueurs climatiques plus importantes que dans les zones tempérées où nous vivons. Ce phénomène est certainement relatif à l’adaptation des espèces au cours des millénaires.
Dans le même ordre d’idée, plus ponctuellement, et de façon saisonnière, les bécasses augmentent naturellement leur adiposité au fur et à mesure que l’on avance dans l’hiver. Tous les bécassiers auront constaté que les bécasses prélevées en décembre et janvier sont en moyenne plus lourdes que celles prélevées en octobre ou novembre, à âge égal. l’exception, dans ce domaine, ne provient donc pas des phénomènes décrits précédemment, mais bien d’anomalies ponctuelles, familiales ou individuelles.
Une bécasse avoisinant les 400 grammes, est somme toute une rencontre relativement courante, bien que remarquable. Mais des oiseaux extraordinaires ont étés capturés dépassant les 500, 600, 700 et même les 800 grammes. Dante Fraguglione fait état d’une bécasse tirée dans le Norfolk en 1775 ou 1776 de 835 grammes!!! Une autre de 690 grammes fut tirée en 1852. de nos jours il est plutôt question de témoignages de poids exceptionnels dépassant les 500 grammes et plus couramment les 400 grammes, mis à part un oiseau record pris en Aauvergne qui dépassait les 600 grammes (témoignage recueilli auprès d’un armurier de Riom).
A contrario, en ce qui concerne le nanisme, les témoignages sur ces captures sont peu nombreux. Pour quelle raison ? J’ai personnellement capturé une toute petite bécasse de 200 grammes, morphologiquement parfaitement constituée, bien proportionnée et ne présentant aucune maigreur anormale.

BECASSE – VERTUS

Les vertus de dieu.

Classe: oiseaux
Ordre: caradriformes
Famille: scolopacides
Sous famille: scolopacines
Genre: scolopax
Espèce: scolopax rusticola
C’est le naturiste suédois Carl Von Linné (appellé Linnéo) qui en 1758 classa la bécasse de la souche euro-asiatique sous le nom de Scolopax rusticola. Etymologiquement ce nom vient de skolops (pointu) carctérisant le bec et de rusticola ( habitant des campagnes).

Morphologie

Le bec
Le bec est la caractéristique principale de la bécasse, il mesure entre 6 et 8 cm et est environ deux tiers plus long que la tête, son extrémité est pourvue de papilles gustatives et tactiles.
Les yeux
La bécasse possède de grands yeux sombres situés à l’arrière de la tête. Par la caractéristique et la position de ses yeux elle possède un champ visuel de presque 360°, ce qui explique sa faculté à placer souvent entre elle et le chasseur ou le chien un obstacle (arbre) pour se protéger au moment de l’envol. Elle voit presque aussi bien la nuit que le jour.
L’ouïe
L’ouïe est très bien développée, les orifices auriculaires étant situés en dessous et un peu en avant des yeux, position utile pour détecter les vibrations des éventuelles proies dans le sol. Ces orifices sont protégés par le plumage.

Les pattes
Plutôt courtes, pourvues de trois doigts antérieurs (celui du milieu étant plus long) et d’un pouce postérieur assez court, leur couleur varie du gris au jaune rosé.
Les ailes
Elles sont longues et larges, avec 10 rémiges primaires et 16 secondaires. Une petite rémige primaire atrophiée ( la troisième) appelée “plume du peintre”
La queue
Courte pouvant s’étaler en roue de couleur noire et blanche.

Poids
Il est assez variable allant de 200g à 500g.
Chant
On dit que la bécasse croule.
Le plumage
Il constitue la meilleure défense pour la bécasse car il s’adapte parfaitement aux couleurs qu’on trouve dans les sous-bois. Les couleurs avec de fortes variations individuelles donnent surtout dans les marrons tâchés de nuances et de mélanges de couleurs cendre, jaune rougeâtre, brun et noir dans le dos. Ce sont ces tons qui lui valent le surnom de “mordorée”.

L’âge
L’examen des trois premières rémiges longues permet de le connaître. Chez les sujets les plus jeunes elles paraissent plus usées que chez les sujets plus anciens.
Le sexe
On ne peut le déterminer que grâce à l’autopsie. En coupant dans la région abdominale droite et en soulevant l’intestin, on peut remarquer les testicules semblables à deux grains de riz, ou l’ovaire semblable à une grappe de petits grains.
L’alimentation
L’alimentation de base est le lombric, la ration quotidienne d’une bécasse est d’environ 150g. Pour trouver sa nourriture elle utilise son odorat et son ouïe mais s’aide aussi d’un piétinement rythmique et alternatif. Ses menus sont composés de plusieurs autres invertébrés tels que les mouches, les coléoptères, les araignées, les colimaçons, les mille-pattes, en tout 70 espèces d’animaux et 32 groupes de végétaux. La bécasse avale aussi de petites pierres ou du sable pour aider sa digestion.

BECASSE – SAVOIR ACHETER

Mieux identifier la bécasse

Différenciation sexuelle, détermination de l’âge, longévité, migration, voici quelques éléments pour mieux connaître la Dame au long bec.

Différenciation sexuelle

Il y a peu de caractères visibles à l’oeil nu permettant de différencier le mâle de la femelle; le mâle peut apparaître plus compact, plus trapu, la femelle plus longiligne; le bec de la femelle est généralement plus long, mais ces observations ne peuvent constituer des certitudes fiables.

2 testicules : mâle
grappes d’ovules: femelle
Seule la dissection peut apporter une preuve, avec la mise en évidence des ovaires et des testicules. D’autres méthodes, évitant ce travail chirurgical, basées sur des rapports de mesure du bec, de l’aile et des plumes de la queue, donnent une fourchette chiffrée en deça et au delà de laquelle, à 80% environ, on peut savoir à quel sexe appartient l’oiseau. Cette méthode reste une approximation qui a l’avantage d’éviter l’opération de dissection tout en diminuant considérablement le risque d”erreur. (cf livre du docteur Devort : La bécasse en Bretagne, éditions de l’Orée, 1977)

Détermination de l’âge:
Plus facile à déterminer, on utilise l’observation de l’aile. Les jeunes bécasses, ayant moins d’un an d’existence, présentent une usure de l’extrémité de l’aile plus accentuée que les vieilles. L’observation doit porter sur les rémiges primaires externes qui offrent un aspect crénelé, frangé irrégulièrement et effilé en pointe. Le brassage de l’air, au cours des déplacements migratoires plus ou moins importants provoque une usure d’autant plus marquée que l’oiseau est jeune, ayant de ce fait un plumage tendre et fragile. Cette observation sera confirmée par l’examen des couvertures primaires qui se situent en rang, juste au dessus des rémiges; l’extrémité de ces plumes généralement d’aspect arrondi, présente une frange ou liseré de dimension et de couleur variable. Les adultes ont en général une frange fine, étroite de couleur plus claire à blanche, comparativement à la coloration brune générale du plumage.

Les jeunes possèdent une frange plus large, de l’ordre plusieurs millimètres et de coloration identique au plumage brun de l’ensemble de la robe. Mais selon que la naissance de l’individu aura été précoce ou tardive en saison, ce caractère différentiel n’est plus aussi net. Il convient donc d’être prudent et de consulter des ouvrages spécialisés, parmi lesquels on peut citer, mis à part l’ouvrage précédent : “La bécasse des bois en hiver” de Charles Fadat, 1995 et plus succintement, la plaquette de l’ONC, élaborée par ce même auteur et chercheur, “La bécasse des bois” page 6 “reconnaissance des classes d’âges”, 1994.

Longévité:
Il est difficile d’évaluer l’espérance de vie d’une bécasse qui aurait la chance de mourrir de vieillese; grâce aux baguages, effectués en nombre croissant, depuis plusieurs années dans divers pays d’ Europe, nous possédons maintenant quelques données précises, ainsi le record en France concerne une bécasse tuée en Bretagne à environ 100m de son lieu de baguage, 9 ans après, au cours de la campagne 95/96. Le record d’Europe actuel étant de 13 ans.

Migrations différentielles:
Il est reconnu que les femelles migrent les premières, pour des raisons nutritionnelles; ells ont besoin d’une variété plus importante de proies et notamment de petits animaux et larves occupant les secteurs humides. Les mâles restent plus longtemps au nord se contentant d’une nourriture moins diversifiée. De même, les jeunes se séparent des parents et choisissent en général des voies migratoires et des trajets ou l’influence du froid se fait moins sentir; leur plumage plus tendre et moins fourni les conduisant à cette option; ainsi les retrouve-t-on en majorité sur les littoraux, particulièrement les années ou les températures sont très contrastées.
Les bécasses d’ Europe centrale ont tendance à migrer jeunes et adultes confondus, les bécasses nordiques, pays scandinaves, montrent une séparation jeunes et adultes plus marquée.

BECASSE – CUISINE TRADITIONNELLE

Ce sera un festin de chefs.

Bécasse, Drôle d’oiseau.
l’observation minutieuse des comportements insolites de la bécasse qui peut nous surprendre grâce à la diversité des attitudes, parfois très contrastées et imprévisibles’ De précieuses données pour le chasseur qui doit prévoir toutes les réactions possibles.

Les alouettes à l’ancienne.
Flambez à feu clair, de façon à ne pas les noircir, les alouettes que vous essuierez ensuite dans une serviette. Saupoudrez de sel fin et laissez-les s’imprégner de ce sel pendant quelques heures. Faites chauffer d’excellente graisse de saindoux pour la friture; mettez-y les alouettes. Il faut les retirer, au bout de 4 à 5 minutes, avant qu’elles prennent une couleur foncée; égouttez-les, essuyez-les légèrement, et dressez-les, chaudes sur une serviette, couronnées de persil frit.

Faisan

faisan

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FAISAN – HISTOIRE

La belle histoire des faisans.

Les faisans figurent parmi les plus colorés des oiseaux. Ils sont légers, souples et agiles et vivent parfaitement en volières. Ejointés sur demande, ils peuvent, après une période d’adaptation en parc couvert, être lâchés dans votre jardin. S’ils acceptent volontiers d’autre espèces comme les paons, poules, pigeons. ils ne supportent pas toujours les autres races de faisans.

Morphologie: Le faisan a le corps allongé, un port élégant, une démarche très rapide et aisée. Le plumage est remarquable par l’éclat et la variété des couleurs chez le mâle. La poule a une taille plus petite et un plumage plus sombre, bien moins éclatant, ce qui rend impossible la confusion entre le coq et la poule. L’on peut aussi trouver de nombreux autres sortes de faisans:
Le faisan à collier, Le faisan Colchide
Le faisan de Mongolie,le faisan versicolore, Le faisan obscur
Le faisan Formose, Le faisan vénéré.

FAISAN – SAVOIR ACHETER

Faisane ou faisan ou la qualité d’un bon choix.

Le gibier à plumes est ramené entier et c’est à la maison qu’il est plumé et vidé immédiatement ou faisandé. Autrefois on faisait faisander jusqu’à huit jours ou même jusqu’à ce que l’oiseau attaché par une patte se retrouve par terre!

Autant dire qu’à ce stade il pouvait être immangeable. Aujourd’hui les goûts ont de plus évolué et deux à trois jours suffisent. En règle générale, le gibier à plumes est faisandé au maximum une semaine. Quels sont les meilleurs gibiers à plumes’ Un mauvais faisan d’élevage est comme un mauvais poulet. Au-dessus perdreau et canard sont bien appréciés. Bécasse et bécassine sont toujours gibiers naturels. Tétralyre de montagne, grouse d’Ecosse sont très recherchés et le top reste sans doute: la sarcelle. A chair délicate, vin délicat. A chair faisandée, vin charpenté. Si vous tombez sur un canard plongeur, n’oubliez pas d’enlever la peau, pour qu’il ne ressemble pas à un
poulet de batterie nourri à la farine de poisson. Car le goût de poisson se concentre dans la peau et diffuserait dans toute la chair. Pas de problème en
revanche pour les canards de surface et autres colverts, qui ignorent le poisson. Une parenthèse pour les Ortolans, petit Bruant d’Europe à la finesse de chair extraordinaire. C’est
toujours une spécialité du Sud-ouest, mais dont la chasse et la consommation sont illégales aujourd’hui.

FAISAN – VERTUS

Des vertus plus qu’il n’en faut.

Moeurs et habitudes. Dans leur jeune âge, les faisans craignent l’humidité; plus tard, ils recherchent les plaines boisées, et particulièrement les terrains humides, près des mares ou des lieux bas. L’eau leur est nécessaire toute l’année.
Le faisan a pour nourriture végétale les plantes et les graines agricoles et forestières de toute sorte, et les petits fruits; il a une prédilection pour les champs de sarrasin et les vignes aux grappes abondantes : il est aussi avide de raisin que la grive. Sa nourriture animale se compose d’insectes, de vers, de limaçons.
Il se plait particulièrement dans les couverts bas, notamment les coupes jeunes et ensoleillées, que l’on trouve dans les taillis sous futaie, ou dans ceux dont les bois sont recépés à de courtes révolutions. On le trouve cependant en d’autres lieux : les perchis des massifs traités en futaie lui servent parfois d’asile; dans les futaies, il aime les ronciers, les hautes herbes, les ajoncs, les bruyères et les genêts, surtout en lisière de bois. Le faisan est un oiseau d’un naturel sauvage, qui n’aime pas la compagnie, et qui fuit même celle de ses congénères; les individus se rapprochent seulement au moment des amours. Dès l’aube, il sort des bois pour aller au gagnage dans les chaumes et les terres, jusque vers 9 heures.

Il peut s’écarter assez loin de son abri. Après avoir satisfait sa faim, le faisan se rapproche du bois; s’il fait sec, il se poudre dans la poussière ou le sable fin pour se débarrasser des parasites qui vivent dans ses plumes. Dans le cours de la journée, par beau temps, il se tient à terre dans les endroits fourrés, tâche de se mettre à l’abri du soleil et recherche la fraîcheur. Par temps humide et froid, il pénètre plus avant dans les bois et se cantonne dans des couverts le mettant bien à l’abri, tels que fougères et bruyères. Par temps de pluie, il se réfugie dans les taillis âgés et les futaies. Vers 16 heures, il retourne au gagnage jusqu’au coucher du soleil. Il réintègre alors les bois et se perche sur les arbres élevés pour y passer la nuit. Ce brancher, toujours bruyant, est une indication précieuse pour les braconniers. Le faisan est polygame. La poule fait seule son nid en avril-mai, à terre, dans les buissons épais. Elle pond 12 à 18 oeufs, qu’elle est également seule à couver, et mène sa famille jusqu’à l’automne. Dans leur premier âge, les faisandeaux mâles et femelles ont le même plumage terne; on distingue les sexes par la couleur de l’iris, qui est blanc chez le coq, brun chez la poule. La mue a lieu à l’automne, et les mâles commencent alors à prendre leur plumage d’adulte.

Cobbler aux pommes

Pierrette de Mesa, Arizona USA vous offre cette recette : Une internaute de plus qui nous donne une recette de son pays. bravo et merci Pierrette…

Voici la saison des pommes, poires ou même pêches. Voici donc un bon dessert d’automne, trés économique et trés facile à faire. Mais, il sera trés vite dégusté.

Pour lui répondre : Pierrettebennett@aol.com